''Hope TV" en crise?

Publié le par Bureau de Washington

Pour éviter que sa popularité s’effrite vitesse grand V avec le scandale des bonus d’AIG, Barack Obama prend ses distances avec la classe politique et avec Wall-Street. Son but: apparaître proche des classes moyennes. Son moyen: la com’. Son problème: sa méthode nourrit les critiques et il commence à faire des gaffes. 

 

Déjà présenté comme l'as des nouveaux moyens de communication pendant la campagne présidentielle en annonçant le nom de son vice-président par SMS, en draguant les électeurs sur facebook ou en diffusant un spot publicitaire de 30 minutes sur toutes les chaînes six jours avant les élections à une heure de grande écoute, Obama plus qu’aucun autre candidat avait su occuper l’espace médiatique. Une fois élu, pendant la transition, alors qu'il assurait qu'il n'y avait qu'un président à la fois, George W. Bush, il continuait d'être partout, tout le temps.

 

Depuis qu’il occupe le bureau ovale, avec sur le dos une crise économique sans précèdent depuis 1929 et deux guerres , sa présence dans les médias s’est exacerbée. Obama justifie son ultra-visibilité sur Internet, à la radio, à la télé, à la une des magazines people et dans des meetings avec le peuple américain par la nature de son rôle de président qu’il compare à celui de pom-pom girl. Il pense qu'une de ses taches est de redonner confiance aux Américains en expliquant ce qui ne va pas et en les encourageant à faire certains choix pour améliorer la situation. 


Son récent voyage en Californie n’a pas fait exception à cette surexposition médiatique. Sur le point de partir pour la côte ouest mardi, avec en bruit de fond le moteur de son hélicoptère Obama donna une conférence de presse sur le gazon de la Maison blanche. A peine revenu dans la capitale américaine hier soir, était diffusé un message à destination de l'Iran. Lequel clôturait une journée d'Obama où les téléspectateurs et internautes l'ont vu visiter une usine près de Los Angeles, rencontrer le gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger, lors d’un meeting et enfin participer à un show TV. 

 

Ses critiques l’accusent de se disperser et d’apparaître trop détendu alors que le pays est en crise. Pour eux, la seule occupation d'Obama devrait être de résoudre la crise économique depuis son bureau. Avant d’aller sur le plateau de l’humoriste Leno, Obama reconnaissait que sa méthode n’est pas exempte de tout reproche. Ce que l’enregistrement de l’émission confirma car chez l’humoriste Obama a fait une bourde. Alors que l’animateur lui demande s’il a fait des progrès au bowling, exercice dans lequel il est apparu particulièrement maladroit pendant la campagne, Obama assure qu'il s’est bien entraîné depuis, au point que son score maintenant est comparable à celui d’un athlète aux jeux paralympiques. Ses conseillers en communication sentant que ce qui se voulait être drôle allait déclencher une polémique ont essayé de la neutraliser. Obama avant la diffusion de l'émission appela Tim Shriver le président des Jeux Paralympiques pour dire qu’il « était déçu (par ses propres propos) ».

 

Une nouvelle leçon pour le président qui le week-end dernier a envoyé ses conseillers économiques sur les plateaux des émissions politiques du dimanche pour désamorcer l’affaire de la société semi-publique AIG où des bonus mirobolants ont été versés à ses cadres alors que le contribuable vient de la renflouer avec plus 170 milliards de dollars suite à ses pertes pour l'année 2008 qui sont les plus importantes jamais enregistrées par une société américaine. Malheureusement pour Obama, la prestation de Larry Summers, son principal conseiller économique l’a plus écorché qu’aider. Surtout quand Summers a dénoncé « les bonus outrageux » d’AIG alors qu’il a été un des architectes de la dérégulation sous Bill Clinton.


Malgré ses quelques faux pas, la com’ d’Obama marche. 60% des Américains pensent qu’il fait du bon boulot. Selon un récent sondage Gallup près de 70% des Américains considèrent que malgré la crise le rêve américain d’être propriétaire et de faire fortune si on travaille dur est toujours possible. Beaucoup dissent qu'il restent optimisme en partie grâce à Obama. Du coup, ce dernier va continuer d'être ce président ultra-présent communiquant par tous moyens avec l'Amérique comme le confirme la diffusion ce dimanche de sa plus longue interview depuis qu'il est président . La vidéo adressée la nuit dernière directement aux dirigeants iraniens pour le nouvel an iranien dans laquelle Obama propose une nouvelle voie dans les relations irano-américaines après trente années de tension laisse aussi penser qu'il pourrait utiliser plus fréquemment les moyens de communication pour s'adresser au reste du monde. A vérifier lors de sa venue en Europe en avril prochain. 

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