Cheney s'en prend à son cousin...Obama

Publié le par Bureau de Washington

Pendant la campagne présidentielle, Barack Obama s'est présenté comme le seul candidat apte à mettre fin aux politiques de Bush et de son acolyte, Dick Cheney, avec qui Obama est cousin au 8e degré. Avec l'annonce de la fermeture de Guantanamo et le retrait des troupes d'Irak, il s’est effectivement empressé de tourner la page Bush. Sauf que presque tous les jours, lorsque lui ou un membre de son administration expliquent les difficultés auxquelles l'Amérique est confrontée, l'administration Bush redevient attractive. Selon Obama et ses proches, les politiques de Bush seraient la cause de tout ce qui ne va pas en ce moment aux Etats-Unis. Dans un discours du 4 mars dernier Obama affirmait avoir hérité d'un ''désastre fiscal.'' Sa secrétaire d'Etat, Hillary Clinton a précisé que ses récentes tournées au Moyen-Orient et en Asie notamment ont été le moyen de jauger des dégâts causés par Bush à la réputation des Etats-Unis dans le monde. Son verdict est sans appel, c'est ''pire que tout ce que j'avais pu imaginer'', a commenté l'ex-première dame.               

Dimanche, l'ancien vice président de Bush, Richard B. Cheney qu'Obama appelait pendant la campagne ''my cousin Dick'' est monté au créneau pour défendre le bilan de l'administration Bush, qualifiant même les deux mandats de Bush de ''great success story''. ''En Irak, nous avons accompli presque tout ce que nous voulions'' expliqua Cheney dans une émission de CNN.  Quant a l'économie, ''ce n'est certainement pas de notre faute'' si les conditions se sont dégradées, assura-t-il. Avant d'accuser Obama avec sa politique de relance de mettre à sac les fondamentaux de l'économie américaine en développant le ''big gouvernement'' sur le secteur privé. 


Avec Obama, l'Amérique est en danger

Dans son élan, Cheney souligna qu'Obama a mis en danger la vie de millions d'Américain en détricotant les politiques sécuritaires de Bush qui selon lui ont permis d'éviter un nouvel attentat sur le sol étatsunien. ''Quand vous êtes en guerre vous utiliser tous les moyens pour gagner'', y compris la torture a implicitement reconnu l'ex-vice président. Plutôt que de suivre les conseils de Cheney plus impopulaire que Bush au moment de quitter ses fonctions, Obama a répété dans son discours sur l'état de l'Union que pendant son mandat, ''l'Amérique ne torturerait pas'' avant de rappeler que les services secrets américains étaient soumis aux mêmes règles que l'armée, c'est-à-dire à la Convention de Genève. Vendredi dernier il a rejeté le statut de combattant illégal qui ''a justifié jusqu'ici la détention illimitée de suspects à Guantanamo sans inculpation’’. Ce qui désole Cheney pour qui ''chaque nouvelle politique annoncée par l'administration Obama est devenue une source d'inquiétude'' car elle place l'Amérique un peu plus à la merci des terroristes, dira-t-il au journaliste de CNN. En chaise roulante lors de l'inauguration d'Obama, Cheney qualifié de plus puissant vice-président dans toute l'histoire des Etats-Unis par les experts en raison de son rôle dans la politique étrangère américaine après le 11 septembre est apparu requinqué par l’air frais du Wyoming où  il vit depuis la fin de son mandat.

Au lendemain de son interview sur CNN, l'administration Obama d'un ton courtois mais clair a renvoyé Cheney vers Cheyenne, le chef-lieu de son état de montagne et de plaine. Le porte parole de la Maison blanche, Robert Gibbs, interrogé par un journaliste sur les propos de l’ex-‘’veep’’, a simplement ironisé que si le parti républicain avait envoyé Cheney sur le plateau de CNN, c’était certainement parce que Rush Limbaugh, un animateur radio très célèbre en Amérique pour ses positions très à droite, n’était pas disponible. Hormis cette remarque, pas plus que lorsque Limbaugh a souhaité qu’Obama échoue, l'administration du jeune président n’a fait cas des critiques de Cheney. Pour Obama, Le seul intérêt de s’attarder sur Bush, c’est pour d'expliquer les 14 mois de récession, les 1, 2 trillion de déficit en 2008 ou les 4,259 soldats morts en Irak, et être sur que le peuple américain comprenne bien ''qu’aucun président avant lui n’avait hérité d’une pire situation'' comme l’a encore souligné ce matin Joe Biden, le vice-président d’Obama.

Après Cheney, Bush reprend du service

La réapparition aujourd’hui sur la scène publique de l’ancien président va faciliter ce ‘’travail de mémoire’’. George W. Bush lance aujourd’hui au Canada un cycle de dix allocutions. Ses prochains discours auront lieu en Europe et en Asie. En pleine crise économique, le montant de son cachet ''évalué par plusieurs sources à 150 000 dollars'' pour un seul discours risquent de faire jaser.

 

 


                                                                Benoit Sarrade 


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