Hillary Clinton, le beurre et l'argent du beurre

Publié le par Bureau de Washington

Vendredi dernier, le New York Times titrait qu’Hillary Clinton avait accepté le poste de secrétaire d'Etat. Sa nomination devrait avoir lieu en début de semaine prochaine. En faisant entrer Hillary dans son administration, Obama néglige une règle essentielle de management : ne jamais recruter quelqu'un qu'on ne puisse pas virer. Pour l'instant, il ne récolte que les hourras des médias. On le compare à Abraham Lincoln qui avait aussi ouvert son cabinet à ses ex-rivaux. Geste interprété comme la preuve qu'un président place l'intérêt du pays au-dessus des siens. Le problème avec Hillary Clinton, c'est que tout a un prix; au sens propre et figuré.
 

Pour qu’Hillary accepte sa défaite dans les primaires démocrates, Obama a du éponger une partie de sa dette de campagne. On parle de 6 millions de dollars. Une broutille si l’on pense à ce qu’Hillary va lui coûter en tant que secrétaire d’Etat.

 

D'une part, sur plusieurs dossiers chauds, ils ne sont pas d'accord. Pour Obama, le gouvernement pakistanais doit faire plus contre Al-Qaida. Sinon, il envisage une intervention américaine au Pakistan. Et, "unilatéralement, s'il le faut". Action que condamne Hillary. Pendant les primaires, elle affirmait que c’était irresponsable.  

 

Obama et Hillary ne sont pas non plus d'accord sur le dossier iranien. Elle a approuvé une loi qui assimile les Gardiens de la révolution islamique iranienne à une organisation terroriste. Suite à ce vote, Obama l'a qualifiée de « Bush-Cheney light ». Obama propose lui de reprendre le dialogue avec Téheran, et de rencontrer sans précondition Ahmadinejad. Idée qu'Hillary qualifie de naïve.

 

Malgré son soutien à la guerre en Irak pendant les deux premières années du conflit, Mme Clinton va vraisemblablement devenir la 1ere diplomate des Etats-Unis. Si elle a beaucoup travaillé ses dossiers de politique étrangère au Sénat, rien ne prouve qu’elle a le talent pour le poste. Elle dit qu'avec son passé de « first lady », elle est prête pour le job. Peut-être mais n’oublions pas que pendant les primaires démocrates, elle a enjolivé cette époque. Par exemple, elle a raconté qu'en 1996, elle était arrivée à Tuzla (Bosnie- Herzégovine) sous un déluge de feu. Les télévisions américaines ont rapidement montré que c’était absolument faux. Elle s’est aussi attribué un rôle prépondérant dans le processus de paix en Irlande du Nord. Or, d'après les réels protagonistes son rôle a été mineur et indirect.

 

Enfin, pour neutraliser Hillary, Obama a du faire des concessions. En effet, Hillary a accepté de passer de rivale au sénat à alliée au sein du gouvernement ,si et seulement si, elle pouvait choisir son staff. Et, comme le conseiller à la sécurité nationale est devenu ces dernières années plus puissant que le secrétaire d’Etat, Hillary a exigé avoir un accès direct à Obama en cas de litige avec le maître de la sûreté nationale (qui vraisemblablement sera James Jones, un ancien militaire).  A Washington, moins de deux km séparent le secrétariat d'état de la Maison blanche.

 

Parlant de Bill, Obama avait pendant les primaires dit qu’il était temps de tourner la page de l'ère Clinton. En nommant Hillary, il la ramène dans son déménagement à la Maison blanche.

Ayant offert le poste à Hillary, il ne peut plus faire marche arrière à moins de créer une nouvelle rupture au sein du parti démocrate.

 

                                                                                             Benoit Sarrade

 

 

 

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Pharm83 10/03/2009 01:27

Very nice site!