Et si les élections étaient jouées d'avance...

Publié le par Bureau de Washington

À 3 semaines du scrutin, l'affaire semble entendue. Obama sera président. Avec 10 points d'avance sur McCain selon un sondage national Washington Post-ABC News publié ce lundi, il a une marge suffisante pour pallier un faux pas lors du dernier débat présidentiel.
Comme le résultat de l'élection présidentielle dépend avant tout avec du vote des "swing states", on note que dans quatre des cinq plus importants d'entre eux (Ohio, Floride, Virginie, Caroline du Nord), Obama devance McCain d'environ trois points. En plus, dans certains états qui n'étaient même pas qualifiés de swing states quelques semaines plus tôt car en principe acquis au candidat républicain, le voilà au coude à coude avec McCain ( North Dakota, Nebraska). Enfin dans l'état du Missouri qui depuis un demi-siècle fait office de baromètre de ce que sera le résultat des présidentielles, Obama commence à se détacher. (Depuis 1904, et à l'exception de 1956, les électeurs du Missouri ont toujours apporté la majorité de leurs suffrages au vainqueur national de l'élection présidentielle). Le tournant de ces élections a été la crise financière. Alors qu'on attendait l'Irak comme poids "insurmontable" de l'héritage de Bush pour McCain, c'est la déréglementation voulue par l'idéologie économique conservatrice et la consécutive bulle financière immobilière qui ont plombé le candidat Républicain. Seul trois éléments indépendants de la volonté d'Obama peuvent encore renverser la situation dans les 25 prochains jours: un attentat terroriste, une émeute raciale ou une campagne subtile et coordonnée de dénigrement contre Obama dans les "swing states". Si rien de cela n'arrive, les 4 semaines qui viennent de s'achever ont décidé du sort des élections. Alors comment Obama a fait de la crise son affaire? 


I.

Pendant les jours où l'Amérique ressemblait à un bateau ivre avec ses faillites en cascade, Obama a fait preuve de sang froid. A l'inverse, McCain qui a pourtant dépassé l'âge de la raison, a fait un tintamarre inaudible. Trois jours après avoir manqué de réalisme économique en déclarant en pleine débâcle financière que: « les fondamentaux de l'économie américaine sont solides», il annonça que s'il était président il virerait" Christopher Cox, le directeur de l'autorité américaine de régulation des marchés financiers car "il a trahi la confiance du public". Un coup de sang apparemment anodin qui en fait se retournera vite contre McCain. D'une part, Obama ironisa l'affaire. "... dans 47 jours on pourra faire tomber toute l'équipe de Washington (...) qui nous a mis dans ce pétrin. Ne nous contentons pas d'un seul gars." D'autre part, au lendemain de sa déclaration, le Wall Street Joural se faisait l'écho des autres médias en soulignant que "cette attaque contre M. Cox est profondément fausse et injuste. Elle n'est pas digne d'un futur président. McCain cherche juste un bouc émissaire à la crise financière". Et le journaliste de conclure : "En période de crise, les électeurs veulent un leader calme qui rassure, pas quelqu'un qui lance des réponses fausses juste pour montrer qu'il est là. Or, M. McCain a tout l'air de ce candidat qui dit des choses qui aggravent la crise et qui cherche un vernis politique à des vraies solutions."


II.

Des remèdes immédiats à la crise, Obama n'en proposa pas non plus. Mais contrairement à McCain, il s'est montré serein dans la tourmente. Alors que les marchés paniquaient après le rejet du plan Paulson, Obama s'est contenté de déclarer que ce projet serait adopté plus tard dans la semaine. Avec l'aide du célébre homme d'affaire, Warren Buffet, il s'est employé avec succès à convaincre les démocrates qui avaient voté contre de l'approuver. A l'inverse, McCain n'a pas réussi  à mobiliser son camp pour faire adopter le plan. Il venait pourtant d'annoncer qu'il suspendait sa campagne pour sauver le plan. Déboulant en fanfare à Washington pour la cause, McCain assura qu'avec lui les négociations aboutiraient. Malgré son enthousiasme, après son intervention, les tractations capotèrent à nouveau. Ce qui mit en évidence son manque d'autorité sur les questions économiques. Les médias y virent la preuve de son incompétence en la matière. Lui-même plus tôt dans la campagne avait reconnu manqué d'expertise dans ce domaine. Ce qui devint flagrant quand au plus fort de la crise, il demanda la création d'une commission d’enquête afin d'étudier les causes de la crise. Comme si elles n’étaient pas évidentes! Mais le pire restait à venir. Dans une interview télévisée, McCain reconnut qu'il "n'avait pas lu le plan Paulson" alors qu'il venait de suspendre sa campagne pour le sauver. Plan qui dans sa version originale faisait... trois pages! Avec cette nouvelle bévue de McCain, Obama décida de rappeler qu'il y a 18 mois déjà , il avait alerté dans une lettre, le secrétaire américain au Trésor des causes rampantes de la crise actuelle. Il avait alors imploré Paulson d'agir. Mais plus que sur son caractère visionnaire, c'est le jugement des politiques de Bush qui va faire gagner Obama..

 


III.

 La crise a en effet transformé les élections en véritable référendum sur la politique des années Bush. Avec 25 % d’opinion favorable, on sait déjà que son bilan sera passé à la guillotine. Des deux candidats Obama est le seul perçu comme capable d'en faire table rase. Même si McCain cultive son image de Maverick, une large majorité d’Américains pensent qu’il est un « républicain traditionnel. »  Et malgré sa position sur l'Irak, c'est sur l'économique que les Américains l'associent le plus à Bush. D'une part, parce qu'il souhaite rendre les déductions fiscales accordées par Bush aux foyers riches, permanentes. D'autre part, parce qu'en appelant au renvoi de Cox, il a montré qu'il ne remettrait pas en cause la dérégulation économique chère à l'idéologie conservatrice. Pour lui, les causes de la crise sont humaines. Elles ne viennent pas du marché. Enfin et surtout, si McCain est perçu comme le successeur des politiques économiques de Bush, c'est parce qu'Obama répète à l'envie que bien que "McCain soit un homme honorable", il est l’héritier des politiques de Bush.

Tous les sondages le disent, à la faveur de cette crise, Obama a renforcé son ''image de meilleur candidat pour l'économie''. Sans avoir été populiste ni particulièrement génial, selon un récent sondage Gallup sept Américains sur dix pensent qu’Obama comprend les problèmes actuels de l’économie américaine. Contre seulement 48% pour McCain. En profitant des erreurs de son adversaire et en faisant relayer par les médias et par Bill Clinton avant hier qu'il a « une meilleure compréhension des problèmes économiques » et « de meilleurs conseillers » que John McCain, Obama a convaincu les électeurs qu’il est le seul candidat crédible pour sortir le pays de la crise. Il a prouvé non sans un certain cynisme que malgré son manque d'expérience il avait les qualités d'un grand leader; patience, pragmatisme et clairvoyance.

 

Aurait-il pu en être autrement, c'est-à-dire McCain aurait-il pu tourner la crise à son avantage? Peut-être. Pour cela, il aurait dû s'opposer publiquement au plan Paulson. S'il était entré en rébellion ouverte contre le plan de sauvetage de l'administration de George W. Bush à l'image d'une partie des élus républicains du Congrès, McCain aurait clairement marqué sa différence avec Bush et...Obama. Il aurait conforté l'idée qu'avec Sarah Palin, il forme le vrai ticket de "maverick". En refusant le plan Paulson accusé de vouloir instaurer un "socialisme financier" par un sénateur de l'Alabama, il aurait aussi renforcé sa base républicaine en montrant clairement quelle est sa politique fiscale. D'autre part, il aurait séduit de nouveaux électeurs car beaucoup se sont opposés au plan. Enfin, s'il avait rejeté le projet, il aurait pu dénoncer l'attitude d'Obama qui comme Bush a joué sur la peur pour faire approuver le plan. Le 24 septembre dernier lors d'une allocution télévisée le président a Bush déclaré « Notre économie en entier est en danger, d’autres banques peuvent s’effondrer, la Bourse va chuter encore plus, ce qui va réduire la valeur de votre retraite... » En clair si ce plan n'est pas adopté, l'Amérique court à sa perte. Morale bien retenue par Obama qui six jours plus tard déclara en campagne dans le Wisconsin, "le Congrès doit adopter ce texte pour éviter que la crise ne se transforme en catastrophe".

                                                                                                          Benoit Sarrade


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sophie tartrat 06/11/2008 21:54

je suis assez surprise de voir que dans tous les médias on parle d'Obama comme le président noir; Il a une maman blanche n'est-il donc pas métis ? Je ne m'attache pas à la couleur étant moi-même enfant d'immigrés italiens mais comment mettre ça en avant alors que c'est pour ses qualités qu'il a été élu avant tout enfin je l'espère et en suis heureuse;

Edwards 05/11/2008 13:21

MR OBAMA, cest avec honneur et joie ke la martinique vous félicite grandement nous sommes très heureux de votre victoire
cest léffervéssence obamania merci ax peuples américan davoir fai bon choix bon courage la martinque est tout coeur avec vous
mercimercimerci bokou nous avon confiance en vous...