C’est l’économie, McCain?

Publié le par Bureau de Washington


 

Malgré la crise des marchés financiers, le candidat républicain John McCain a affirmé lundi que les fondamentaux de l'économie américaine restent solides. Pour lui, c'est normal que la population américaine soit inquiète. Comme à chaque crise économique, la population qui la subit pense que c'est la pire. Mais il ne faut pas dramatiser. L'économie américaine a des bases saines, en particulier sa courageuse main- d'oeuvre explique McCain. Voilà pourquoi selon lui, elle évitera la catastrophe.    
                           
Pourtant ce matin, en lisant la une du New-York Times sur le sauvetage de AIG (l'ex-numéro un mondial de l'assurance) par la banque fédérale américaine, les Américains ont eu l'impression que le drame avait été évité in extremis. Beaucoup se demandent maintenant combien de semaines, voir de jours les séparent du crash, du vrai, du grand. Interrogé près de la bourse de Wall-Street, un passant dira même à une télévision américaine "C'est fondamental! Il faut que McCain comprenne que la crise économique est là. Ce n'est pas une hyperbole, c'est un fait!".
 
A  la 'faveur' de la crise économique, un autre fait émerge. Barack Obama reprend la tête dans certains sondages. Ce n'était plus arrivé depuis la fin des conventions. Le candidat démocrate a par ailleurs longuement commenté la fausse "note" de McCain sur l'économie. Pour lui, cela prouve bien que le candidat républicain marié à une multimillionnaire est "out of touch" avec la réalité des classes moyennes. Obama explique dans ses discours que, si la mauvaise santé de l'économie américaine n'est pas directement imputable à John McCain, elle a été générée par les politiques économiques auxquelles il adhère et qui sont celles de l'administration Bush. Sitôt dit, Obama tient sa chute et conclut par son nouveau slogan favori. Si vous avez aimé George W. Bush, vous adorerez John S. McCain car c'est "More of the same" ("Plus de la même chose").

Obama aurait pu comparer McCain avec un autre président. Mais trop obnubilé par sa stratégie électorale d'assimiler McCain à Bush, il a omis que le  25 octobre 1929, c'est-à-dire le lendemain du jeudi noir, le président Herbert Hoover déclara "je crois que ...les fondamentaux de notre économie...sont prometteurs...." 

Comme tous les sondages montrent que pour les "électeurs hésitants" Obama est le meilleur sur l'économie (tandis qu'ils pensent McCain plus crédible sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme), ce dernier va
 dans les prochaines semaines placer la résolution de la crise économie au coeur de sa campagne. Lors de la mini-récession de 1992, cette stratégie avait permis à Bill Clinton, de déloger le président républicain George H.W. Bush de la Maison-Blanche. Un de ses conseillers lui avait alors inspiré une réplique qui a fait date depuis. «It's the economy, stupid! » (« C’est l’économie, stupide ! » ).

                                                                                                              Benoit Sarrade

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