En direct de St. Paul

Publié le par Bureau de Washington

John McCain vient de terminer son discours d’intronisation. Hier, sa colistière Sarah Palin a galvanisé le camp républicain avec un discours offensif. Entre eux, une claire répartition des rôles s’est établie. La gouverneur de l’Alaska, incarnation de l’Amérique profonde, ratisse à droite en portant les valeurs religieuses en étendard. McCain se charge quant à lui de cultiver son image de « maverick » (traduction approximative : franc-tireur, personnage à contre-courant) pour rassurer les électeurs indépendants ou indécis. Leitmotiv de son discours : protéger l’Amérique contre le monde hostile ; baisser les impôts.

 


Sur l’autoroute entre l’aéroport et St. Paul, un panneau publicitaire pour l’émission satirique le « Daily Show » s’adressait aux délégués : « Bienvenue, riches oligarques blancs ». Ici, on croise Karl Rove (ancienne éminence grise de George Bush) au restaurant, et il faut bien l’avouer, les gradins de la convention ne sont pas spécialement bigarrés : seuls 2% des délégués sont noirs, contre 24% chez les démocrates. Ce qui n’empêche pas la foule républicaine d’être haute en couleur. Les 454 délégués (et suppléants) du Texas arborent tous un magnifique chapeau de cowboy ; cet hiver, la mode sera au tailleur rouge et au pin’s clignotant. Clairement, le spectacle était dans les tribunes. Car comparé au talent de prêcheur de Barack Obama ou à l’énergie déployée par Sarah Palin, ce soir John McCain faisait bien ses 72 ans. Son allure est lente et pataude ; sa voix est discrète ; le ton est scolaire, presque soporifique.


 Nous avons écouté le discours depuis le parquet de la salle, au milieu des délégués en délire de l’Arkansas et de l’Alabama. Sentant que leur champion n’est pas un orateur hors pair, ils se sont efforcés de compenser ses lacunes. On fait quelques pas de danse, on brandit des pancartes, on approuve la rhétorique martiale du candidat par des cris de joie virile, suivis d’un « USA, USA » clamés sur l’air des lampions… Nous aurons aussi droit à une petite chanson que les écologistes apprécieront : « drill Alaska, baby » (fore l’Alaska, bébé). Dans la foule, certains brandissent des pancartes annonçant « le changement qui inspire confiance » (change we can trust). Ça ne vous rappelle rien ? La devise d’Obama est : « change we can believe in ». Parfois on s’y perdrait... En tout cas, les deux camps sont motivés. Cela conclut les conventions ; les candidats sont officiellement intronisés et prêts à en découdre.
















Quelques minutes après la fin du discours, dans la salle de presse réservée aux télés étrangères : montage du reportage pour le journal de 13h (et rédaction de cet article).









Tristan Dessert

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moi 18/09/2008 12:02

Ce n'est pas un français qui va faire la morale aux américains sur la couleur de peau des délégués républicains.
Faudra un jour que les français sachent que notre système est le plus hypocrite et donneur de leçons du monde en matière d'intégration. Au point tel que la honte nous a fait fermé le centre de sangat, voir des sans papiers fuir la France pour l'Angleterre c'et humiliant