La langue d'Obama

Publié le par Bureau de Washington

 
"Merci beaucoup"
 
Pour Obama, tout immigré aux Etats-Unis doit apprendre l'anglais. Rien de neuf par rapport à la position des républicains. Sauf qu'Obama veut aussi que les Américains fassent l'effort d'apprendre l'espagnol. La raison explique-t-il, c'est que «c'est gênant, quand les Européens viennent ici, ils parlent tous anglais, français, allemand...Et quand nous -Américains- nous allons en Europe, tout ce que nous savons dire, c' est...merci beaucoup.» (vidéo)

 


Le débat sur les langues aux Etats-Unis

A des fins politiques bien sur, l’équipe de John McCain semble avoir retenu la leçon d'Obama. Des spots dans la langue de Cervantes commencent à être diffusés en Floride.
 
Beaucoup de démocrates pensent qu'Obama a raison de remettre en cause le modèle du tout pour l'anglais dans un contexte international qui requiert d'être au moins bilingue. En revanche, de nombreux républicains rappellent que la langue internationale, c'est l'anglais et que donc pour un Américain, l'anglais suffit. Ce type de réaction témoigne de la vigueur du débat identitaire aux Etats-Unis qui participe de la formation des identités politiques. Comme certaines projections montre que la parité entre le nombre d'hispanophones et d'anglophones aux Etats-Unis sera atteinte autour de 2050, ce débat ne fait que commencer.
 
Obama est aussi accusé de privilégier des "politiques élitistes". Quelqu'un qui cumule deux à trois "jobs" par jour n'a pas envie pendant ses heures de repos d'apprendre le français, explique des opposants au programme linguistique d'Obama. En réponse, le sénateur dit que "Nous devrions vouloir que nos enfants sachent plus que nous, qu'ils aient plus de compétences. Et je suis bien placé pour le dire car je ne parle pas de langue étrangère. Et c'est gênant."
 
Obama a appris l'indonésien
 
En fait, s'il ne parle ni français, ni espagnol, Obama parle indonésien. Dans son premier livre "Dreams of my father", il explique même l'avoir appris en 6 mois. C'est quand il avait 6 ans, qu'on le surnommait alors Barry et qu'il vivait à Jakarta. En plus de l'apprentissage de la langue, son expérience en Indonésie dont la devise nationale est "l'unité dans la diversité" l'a beaucoup inspiré. Tout comme ses détracteurs qui y ont trouvé un moyen pour relayer de fausses informations sur le candidat. Selon Daniel Sibony, écrivain et psychanalyste, Barack Obama a reçu en Indonésie une «éducation islamique» dans une madrasa avant de se «convertir» au christianisme et que ce «fond infantile intégriste» le rendra «plus complice» du «fondamentalisme» musulman.
 
Ces calomnies destinées à détourner des électeurs du jeune sénateur dans un pays où l'Islam reste mal connu ne mériterait pas d'être mentionnées. Mais comme 12% des Américains continuent de croire qu'Obama est musulman, cette fausse rumeur risque bien de peser sur le résultat des élections.


 

                                                                      Benoit Sarrade

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