McCain briefé en avance sur le plan secret de libération des otages des FARC

Publié le par Bureau de Washington

En visite en Colombie, le candidat républicain à la Maison Blanche, John McCain, était au courant depuis mardi soir que l'opération militaire colombienne qui a permis de libérer Ingrid Bétancourt aurait lieu mercredi. C'est ce qu'il a affirmé après le succés du plan des forces armées colombiennes. "Hier soir (mardi soir), le président Uribe et son ministre de la défense nous ont informé de l’opération qui a eu lieu aujourd’hui», confiait-il mercredi à l'agence de presse américaine Associated Press (AP).
 
Arrivé mardi matin en Colombie, pour des discussions sur le commerce, il devait diner dans la soirée avec le président colombien Alvaro Uribe et son ministre de la défense. C'est avant de passer à table que le nominé républicain ainsi que les deux sénateurs qui l'accompagnent ont été informés avec un certain détail du contenu de l'opération de sauvetage qui aurait lieu le lendemain.
 
L'un des deux sénateurs qui assiste McCain dans sa tournée en Amérique Latine, a commenté après la libération de la franco-colombienne et des 14 autres otages dont trois Américains, que la divulgation par avance d'une partie du plan de la libération à McCain, confirme la stature internationale du candidat républicain. Avant d'ajouter que "c'est la preuve qu'Uribe a confiance en McCain".
 
Ce dernier a pris soin de ne pas révéler sa connaissance de l'opération avant que les otages ne soient sains et saufs. Interrogé dans la matinée de mercredi sur ce qu'il ferait s'il était élu président pour libérer les 3 otages américains retenus par les FARC, il s'est contenté de dire qu'il soutiendrait les efforts mis en place jusque-là par le gouvernement colombien pour mettre fin à leur séquestration.
 
C'est dans son avion, un peu plus d'une heure après avoir quitté le territoire colombien pour se rendre au Mexique, qu'il a appris le succès du plan. Dans un communiqué, il félicite "le président Uribe, l'armée et la nation de la Colombie" pour le "succès de cette opération à hauts risques".
 
Par ailleurs, il a pris soin de préciser que sa visite en Colombie à l'heure de la libération des otages n'était que pure coincidence. Il dit avoir tout ignoré du projet de sauvetage jusqu'à son entrevue de mardi soir avec le président colombien à Carthagène, ville située à l'extrême opposé des régions colombiennes où sont présumées opèrer les FARC. Avant de préciser qu'une opération de renseignement et d'infiltration de ce niveau requiert des mois et des mois de préparation sans savoir quand ni comment elle s'achevera, contrairement à sa courte visite de deux jours en Colombie.
C'est juste "un jour heureux" conclut-t-il. Comme ce 14 mars 1973 où après avoir survécu à ses blessures et aux tortures de ses geôliers nord-vietnamiens pendant 1966 jours, il recouvra finalement la liberté. Le prochain jour de fête espère-t-il sera celui de son accession à la Maison Blanche. Comme pour Ingrid Betancourt, qui après 2321 jours de captivité soit 355 de plus que McCain, déclara à peine quelques heures après sa libération qu'elle aspire toujours à "servir la Colombie comme présidente"
                                                                                                   
                                                                                                
                                                                                             Benoît Sarrade


       

                                                                                                                      

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Braque du Bourbonnais 03/09/2008 16:54

El il faisait quoi exactement en Colombie? Je ne vois pas bien l'interret d'aller la-bas pour sa campagne electorale.