En démocratie aussi, l'unité à un prix

Publié le par Bureau de Washington

Barack Obama vient de donner 2,300 $ à Hillary Clinton. Il a aussi demandé à son épouse, Michelle, et à la responsable financière de sa campagne Penny Pritzker, d'aider son ex-rivale à éponger sa dette de 22 millions en lui versant chacune 2,300 $, soit la somme limite autorisée par la loi pour un individu. Dans la politique américaine, il est monnaie courante d'aider son ex-challenger.
 
Mais cette fois plus que jamais, le geste est symbolique et politique. Attendu de longue date, il intervient en fait à la veille de la première apparition publique commune des deux candidats depuis la fin des primaires. Hillary Clinton et Barack Obama seront aujourd'hui côte à côte à Unity (unité) dans le New Hampshire, un village qui en plus du nom symbolise l'égalité entre les deux candidats. Les deux ex-rivaux ont obtenu exactement le même nombre de voix (107) dans la primaire de cette bourgade.
 
 
Moins de trois semaines après qu'Hillary Clinton suspende sa campagne et soutienne publiquement Barack Obama, le sénateur de l'Illinois tente de restaurer l'unité du parti à coups de billets verts. Il espère pouvoir aider Hillary Clinton à lever plus de 11 millions de dollars pour couvrir l'ensemble des fonds qu'elle a puisé dans sa fortune personnelle. Légalement, Obama ne peut pas reverser directement à son ex-rivale une grosse somme provenant de ses fonds de campagne. En revanche, il peut inciter gros et petits donateurs à faire un geste en faveur de la pauvre Mme Clinton qui avec son époux Bill a déclaré 109 millions de dollars de revenus entre 2000 et 2007.

                                                                     
                                                                 Benoît Sarrade

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