Hillary, "imbattable"?

Publié le par Bureau de Washington

Obama réclamera l'investiture démocrate cette semaine. Son duel marathon avec Hillary prend donc fin. Pas tout à fait, en fait. Pour devenir président, Obama doit encore trouver le meilleur moyen d'attirer les supporters d'Hillary frustrés par la défaite de leur championne. Selon un récent sondage, le moyen de restaurer l'unité du parti pour 60 % des démocrates serait de former le "dream ticket" ou plutôt "unity ticket", c'est-à-dire proposer à Hillary de devenir vice-présidente.


La campagne démocrate commencée il y a 17 mois pourrait s'achever après les dernières primaires qui auront lieu aujourd'hui dans le Dakota du Sud et le Montana. D'après l'agence de presse américaine Associated Press, il manque 47 délégués à Obama pour atteindre le nouveau "chiffre magique" de 2118 ( 2117 selon certains) permettant de réclamer la nomination contre plus de 200 pour Hillary. Seul 31 délégués simples sont en jeu dans les primaires d'aujourd'hui. Mais la campagne d'Obama a annoncé le ralliement massif pour mercredi de super délégués à sa candidature. Dans le même temps, la campagne d'Hillary est en transition vers la fin.




"Nous ne nous retirons pas, nous ne nous effaçons pas, nous allons simplement vers la fin" déclarait Mark Aronchick, un important collecteur de fonds de Hillary. Et c'est vrai, que pour la première fois, l'agenda de campagne d'Hillary donne des "signes de fatigue" ou de fin.
A l'annonce des résultats, ce soir, Hillary délivrera inhabituellement son discours depuis New York, c'est-à-dire à plus de 2500 km du Dakota du Sud, l'état où se sera tenue la plus proche des deux primaires. Après quoi, elle n' a aucun évènement de programmé pour la soirée à l'exception d'une rencontre avec ses proches conseillers à sa maison de Chappaqua dans l'Etat de New-York. Quant aux membres de son "staff itinérant" qui organisent tous ses déplacements, ils rentreront à la maison, chez eux, jusqu'à nouvel ordre. "Il n'y a plus de primaires, il n'y a donc plus lieu d'envoyer les gens quelque part" déclarait un proche conseiller de Hillary, Harold Ickes. Bill Clinton, en campagne dans le Dakota du Sud, déclarait lui-même "Je veux que vous sachiez que c'est peut-être la dernière fois que je participe à une campagne de ce genre (sous-enetndu campagne présidentielle)..."




En revanche dans le camp Obama, on s'affaire. Avec la victoire proche, un problème occupe déjà tous les esprits. Comment réunir le parti pour préparer une autre victoire, la plus belle, celle de la Maison Blanche? Continuer à faire rêver une majorité de démocrate, peut-être le pays, voir le monde entier en proposant à Hillary la vice-présidence? La première femme vice-présidente avec le premier président noir, acceptant d'oublier les mauvais coups de la campagne pour pouvoir s'unir car chacun sait que la plus belle des victoires, c'est celle des idées. Celle qu'on ne gagne que sur ses vrais adversaires, en l'occurence, les républicains et leur nominé, John McCain. Est-ce cela le changement dont parle Obama?Certains de ses conseillers très opposés au dream ticket préféraient certainement croire que c'est un scénario tout droit sorti d'Hollywood. Et le problème, pour eux, c'est que c'est aussi un peu cela. Sauf que les scénaristes deviennent journalistes. Et que sous mine d'échanger des idées sur la suite de la campagne, ils en parlent tous les jours et font monter la pression sur Obama. 



Pour l'instant chez Obama, on cherche le moyen de l'éviter. Réunifier le parti en s'épargnant l'expérience du "dream ticket", voilà le "dream" de la bande à Obama, de Barack et de son épouse, Michelle. Si Obama obtient d'Hillary Clinton qu'elle se présente en bonne perdante, alors il pourrait arriver à rassembler, simplement en se révélant magnanime, en prenant très au sérieux la frustration des supporters de Mme Clinton. En montrant qu'elle comme lui sont responsables des divisions actuelles du parti m
ais qu'à quelques mois de l'élection, c'est à lui qu'incombe l'initiative des beaux gestes...



                                                                                            Benoit Sarrade




                                                                                

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JONAS 04/06/2008 14:31

Si Obama gagne les Présidentielles des USA, c’est le déclin de l’Occident qui va s’accélérer.
Il n’est pas à exclure une implosion des E.U d’Amérique (similaire à celle de l’ex-l’URSS). Le mur en construction qui doit séparer ce pays du Mexique sera stoppé, voire détruit. Certains États risquent de faire sécession et nous assisterons à un désengagement probable des USA au Moyen-Orient, avec toutes les conséquences que cela impliquera, en particulier pour Israël. JONAS.

JONAS 04/06/2008 14:29

Si Obama gagne les Présidentielles des USA, c’est le déclin de l’Occident qui va s’accélérer.
Il n’est pas à exclure une implosion des E.U d’Amérique (similaire à celle de l’ex-l’URSS). Le mur en construction qui doit séparer ce pays du Mexique sera stoppé, voire détruit. Certains États risquent de faire sécession et nous assisterons à un désengagement probable des USA au Moyen-Orient, avec toutes les conséquences que cela impliquera, en particulier pour Israël. JONAS.

Yannick Mireur 04/06/2008 14:28

Cher Benoit Sarrade,

On peut envisager que les derniers actes de la bataille interne au parti démocrate soient destinés à marquer le territoire pour plus tard. Hillary Clinton s'affirme comme seul recours éventuel du parti en cas de victoire probable de McCain.

Montrer que par l'éviction du Michigan et de la Floride, pourtant justifiée du fait de la violation des règles internes du parti par les instances démocrates locales qui ont tenu leurs primaires plus tôt que prévu, on l'a privée de sa victoire et privé le parti d'un succès en novembre 2008, cela permet de prendre créance sur l'avenir.

Les Clinton croient-ils à leur destin en 2012? (voir mon article Hillary en 2012 ? sur http://yannick-mireur.blogspot.com/2008/06/hillary-en-2012.html).

Quant à la frustration des pro-Hillary, doit-on prendre au sérieux leurs menaces de voter républicain dans cinq mois - comme prendre au sérieux les républicains anti-McCain qui laisseraient élire Obama à la présidence ?

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