Hillary "plus populaire candidate de toute l'histoire des primaires"

Publié le par Bureau de Washington

Ce que tout le monde pensait être un échec pour elle, Hillary l'interpréte comme une victoire.  Depuis la décision de la commission du Parti démocrate d'accorder seulement une demi-voix à chacun des 368 délégués qui représenteront la Floride et le Michigan à la Convention, Hillary réclame la victoire sur le terrain du vote populaire. A deux jours de la fin des primaires, Hillary Clinton croit donc la victoire toujours possible. Pour elle, c’est celui ou celle qui aura reçu le plus de votes qui aura la légitimité pour réclamer l'investiture. Afin de sensibiliser l’opinion aux nouvelles règles qu’elle voudrait voir définir pour la nomination, Hillary lance une nouvelle publicité de campagne.  

 

 

 



Une publicité "très populaire"

La sénatrice de New-York lance ce lundi une nouvelle publicité télévisée (voir la vidéo) dans laquelle elle prétend battre Obama sur le terrain du vote populaire. Le spot publicitaire va être diffusé sur les télévisions où se déroulent les deux dernières primaires -le Montana et le Dakota du Sud.


Dans le spot on apprend qu'Hillary a gagné plus de vote que quiconque dans l'histoire des primaires. On apprend aussi que ceux qui prétendent qu'il n'y a pas une simple raison pour qu'Hillary devienne la nominée démocrate "ont raison. Il y en a plus de 17 millions", ironise la publicité en référence au vote populaire qu'elle dit avoir obtenu.  












Le vote populaire comme instrument de lutte

 

Dans la même veine, dans le discours qu'elle prononça hier après sa victoire dans la primaire de Puerto Rico, Mme Clinton reprit le même argument. "Quand les primaires termineront mardi, je serai en tête du vote populaire".



Cet argument est contestable. Le seul moyen de considérer Hillary comme menant au vote populaire est de considérer que le résultat du Michigan ne récompense Barack Obama (qui n'était pas sur les listes) d'aucun vote. Or, selon les instituts de sondage, des 237,762 personnes qui ont voté "non engagé" ou uncommitted, un large pourcentage dit avoir voté indirectement pour Obama. Sur ce point, la défense du clan Clinton a été exposée samedi par un membre de la commission des règlements, Harold Ickes compteur de délégués pour Mme Clinton. " Il est impossible de discerner l'esprit des 238000 personnes qui ont voté uncommitted".



Si l'on retient l'unique scénario qui fait arriver Hillary en tête du vote populaire, son avance est d'environ 183 000 votes. En revanche, si les votes des "uncommitted" du Michigan sont donnés à Obama, il mène Hillary de 55 000 voix.







Gagner sans le vote populaire n'est pas révolutionnaire...



Certains signes laissent penser qu'Hillary pourrait disputer la nomination jusqu'à la Convention.

De Puerto Rico, elle affirmait ce week-end que la responsabilité de choisir le nominé incombera "aux délégués réunis à la Convention". Le règlement du parti démocrate prévoit en effet que le choix définitif du candidat du parti (et du candidat à la vice-présidence) se fera lors de la Convention nationale du parti  démocrate qui aura lieu du 25 au 28 août à Denver et qui réunira plus de 4000 délégués démocrates.


Pendant longtemps, le succès à la Convention nationale du candidat qui a montré par ses victoires dans les primaires qu'il disposait d'un large soutien populaire, n'était pas garanti en raison de l'existence de pratiques obscures. Si Hillary décide d'aller jusqu'à la Convention ces vieilles pratiques pourraient resurgir. La controverse autour de l'attribution des voix du Michigan à Obama qui n’était pas sur les listes électorales empêche d’affirmer de manière incontestable le nom du vainqueur du vote populaire. Il y a donc confusion, ce qui exacerbe les risques de marchandages politiques.


Enfin, si Hillary pense qu'une victoire à Denver est encore possible, c'est parce qu'elle espère toujours pouvoir convaincre une majorité de super délégués –qui peuvent modifier leur vote jusqu'au dernier moment- qu'elle a plus de chances qu'Obama de faire gagner le parti démocrate en novembre. D'autre part, les délégués issus des caucus (gagnés en majorité par Obama), doivent leur nomination à la machine du parti et aux militants. Du coup, il est toujours possible de faire pression sur eux quand on maîtrise les arcanes du parti. Ce qui est le cas de l’ex première dame.


                                                                                Benoit Sarrade

                                                                

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