Obama a ouvert la chasse au Veep

Publié le par Bureau de Washington

                                            


Jeudi dernier, sous couvert d'anonymat, des responsables du Parti démocrate ont reconnu qu’Obama venait de commencer à chercher un Veep ou Vice-président. Les innommables confiaient à l'Atlantic et au New-York qu'Obama aurait demandé à un de ses proches, Jim Johnson, de prendre la tête d’une équipe chargée de passer en revue les aspirants au poste de candidat à la vice-présidence. 


 Jim Johnson (en photo ci-dessous) est un ancien PDG de la société Fannie Mae, géant du refinancement hypothécaire. Il a occupé par deux fois ce rôle de ‘chasseur de têtes' de candidat à la vice-présidence’ pour des nominés démocrates ; en 1984 pour Walter Mondale, et vingt ans après pour John Kerry. Il a rejoint la campagne d’Obama, il y a plus d’un an et depuis est devenu l’un de ses meilleurs collecteurs de fonds. Même si Obama décrit Johnson comme ‘un ami’, sa récente promotion ne fait pas l'unanimité car Johnson est proche de la classe au pouvoir. Du coup, certains voient une contradiction entre le discours d’Obama prônant la rupture avec "l'establishment" et le choix d’un ‘insider’ ou "cacique" pour l’aider à prendre sa première décision de présidentiable.

James A. Johnson: chasseur de têtes pour Barack Obama



Traditionnellement les candidats effectuent la recherche de leur vice-président ou veep dans la plus grande discrétion. Le New-York Times, précise qu'Obama aurait même demandé à son équipe qu’elle s’effectue de manière ‘top secrète’. Interrogé par l’Associated Press, Obama a refusé de reconnaître qu'il a confié la tâche de sonder les aspirants potentiels à la candidature pour la vice présidence à Johnson. "Je ne l'ai pas embauché (...) Je ne lui verse aucun argent. C'est un ami à moi, je le connais", a dit Obama, avant de préciser "Je ne m'exprime pas sur les questions liées à la vice-présidence car je n'ai pas remporté cette nomination".



L'annonce du Jeudi 22 mai n'était donc ni discrète, ni tape-à-l'oeil quoique... Elle était simplement embarrassante reflétant la situation dans laquelle se trouve Obama. Pas encore nomminé mais déjà victorieux aux yeux de tous. Elle était donc certainement de ce point de vue un symbole fort. A quelques 60 délégués de la nomination, Obama voulait montrer que lui-même n’a plus de doute sur le nom du futur nominé démocrate. Ce sera lui. Les électeurs doivent le comprendre. C'est pourquoi l'annonce était utile car la recherche d'un vice-président est généralement interprétée par ceux-ci comme la première décision d’un présidentiable car elle équivaut à rechercher un bras droit pour gagner l’élection présidentielle.



L'annonce de l'ouverture de la chasse au Veep était aussi un message à l’intention d’Hillary Clinton et de John McCain. Quant à ce dernier, le choix du moment de l'annonce était hautement stratégique. En effet, la nouvelle est intervenue deux jours avant la tenue d'un barbecue organisé par McCain dans son ranch de l’Arizona. Du coup, elle définissait le prisme par lequel les médias allaient couvrir la réunion de McCain. Concernant Hillary qui continue la bataille après avoir perdu la guerre, la nouvelle de jeudi s'inscrit dans une stratégie inaugurée par Obama il y a quelques semaines qui consiste à marginaliser "subtilement" l'ex-première dame sans froiser ses supporters. Sans clamer être le nominé, il se comporte comme tel. Il concentre ses diatribes non plus sur Hillary mais sur McCain. Il néglige le calendrier des primaires. Au lieu de centrer sa campagne sur les Etats qui tiendront prochainement des primaires, il parcourt les Etats importants pour l'élection du 4 novembre. Et ce d'autant plus qu'il sait que ce n'est plus le résultat des 3 élections restantes qui va changer la donne de ces primaires historiques mais la manière dont l'organe dirigeant du parti démocrate décidera de compter deux primaires "hors la loi" de janvier.

                                                                                              








                                                                                                                          Benoit Sarrade 

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