Les funérailles les plus chères de l’histoire des primaires

Publié le par Bureau de Washington

L’argent reste le nerf de la guerre de ces primaires. Et ce, même si la campagne d’Hillary que personne n'a officiellement déclarée morte, l'est bel et bien. Un scandale impliquant Obama reste toujours possible mais mathématiquement elle ne peut plus le rattraper.
Son rôle dans cette campagne n’est donc plus présent mais futur. Aider Obama à gagner la présidentielle. En le soutenant, au moins en quittant prochainement la campagne pour ne plus compartimenter, désolidariser, opposer l'électorat démocrate. Mais pour accepter son nouveau rôle, Hillary exige une contrepartie propre à lui faire accepter sa nouvelle condition de perdante et à assurer son avenir politique. Concrétement, son lot de consolation contiendra une nouvelle responsabilité politique (de celles évoquées par les médias US la présidence du Congrès semble la plus plausible), et peut-être une aide financière. En effet, Obama pourrait solliciter ses donateurs à hauteur de 11,4 millions de dollars pour rembourser une partie de la dette de campagne de Hillary. Ce qui même pour l'homme le plus riche de l'histoire des primaires (voir la vidéo) n'a rien d'une broutille surtout à l'orée d'une campagne présidentielle américaine.


 


 

Pour rester dans la course Hillary s’est endettée de plus de 21 millions de dollars (13,5 millions d'euros). 11 millions puisés dans ses ressources personnelles plus 10 millions de frais encore impayés. Une option pour la sénatrice de New York serait de reporter cette dette sur sa campagne de réélection au Sénat en 2012 et de la rembourser avec les sommes qu'elle recueillera pour garder son siège. Une autre solution, beaucoup plus rapide serait de quitter la campagne maintenant, précisément  parce que tout ou partie de sa dette serait épongée par…Obama.

 

Non, ce n’est pas une hallucination. C’est ce qui se trame dans la capitale américaine. C’est aussi ce que rapportent des journaux sérieux comme le Time ou le Huffington post. Non, ce n’est pas hallucinant. C’est presque une coutume dans la politique américaine. Le vainqueur aide gracieusement le ‘loser’ au nom de l’unité du parti, et plus encore s'il y a un interêt décisif. C'est le cas d'Obama. Ces primaires ont d'ailleurs déjà fourni deux exemples de ce type de pratiques. McCain a aidé l'ex candidat Sam Brownback à payer ses dettes. Tandis qu'en février 2007, l'éphémère candidat, Tom Vilsack profitait de l'aide des donateurs de...Hillary. Voilà peut-être venu le tour d’Obama. A la différence, que si dans les 2 cas précités, on parle "d'un passif de quelques milliers de dollars", l'aide d'Obama à Hillary pourrait s'élever à 11, 4 millions de dollars pour couvrir l’ensemble des fonds qu'Hillary a puisé dans sa fortune personnelle. D'un coup, on voit mal comment Hillary pourrait accepter une telle dépendance d'Obama", surtout si on se rappelle que les Clinton ont déclaré 109 millions de dollars de revenus entre 2000 et 2007. Mais c'est bien connu la politique " a ses raisons que la raison n'explique pas".

 

Légalement, Obama ne peut pas reverser directement à sa rivale une grosse somme provenant de ses fonds de campagne. En revanche, comme l’argent de ses sympathisants continue de couler à flots, il pourrait convaincre gros et petits donateurs de faire un geste en faveur de Mme Clinton au nom de l'unité du parti. Dit moins prosaïquement, s’il le fait, ce serait pour sortir rapidement la pelle et la pioche afin d’enterrer au plus vite la campagne d’Hillary, et clore leur combat fratricide qui a déjà beaucoup endommagé son image et celle du parti démocrate.

 
                                                           Benoit Sarrade

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Bell jean Victor 03/06/2008 16:09

J'ai bien aimé votre article, duquel je garde de vous que vous êtes un sacré coquin. Bonne suite.