Une campagne à l'hôpital

Publié le par blog-elections-americaines-tf1

 

 

 

 

Giuliani frissonne. On ne sait pas si ce sont les températures glaciales dans les états où il fait campagne ou sa baisse dans les sondages qui l’a affaiblit, toujours est-il qu’il vient de faire une halte très médiatisée à l’hôpital pour vérifier qu’il ne couvait pas la grippe. A la sortie de l’hôpital Saint Louis dans le Missouri ; il est apparu tous sourires. Tout va bien, il se sent super bien s’est empressée de déclarer son équipe de campagne. Le voila donc lui aussi entouré de blouses blanches. Décidément cette campagne tourne autour de l’hôpital. D’habitude c’est Hillary Clinton qui donne ses conférences de presse aux côtés d’infirmières.

 

 

 

 

 

Son principal projet de reforme consiste à offrir une couverture maladie à l’ensemble de la population. Dans le pays le plus riche du monde, 45 millions d’Américains ne possèdent aucune assurance maladie, d’autres une assurance très partielle qui ne couvre pas grand chose. Certains enfants ne sont pas vaccinés ; cela couterait trop chers à leurs parents. Le plan d’Hillary prévoit que les entreprises fournissent automatiquement une assurance à leurs employés ou qu’elles financent un fond de solidarité national. En France, ce type de projet passerait pour ultra libéral : il n’est pas du tout question ici de créer une sécurité sociale à la Française, hors de question d’imaginer une administration de l’assurance maladie comme chez nous, encore moins de construire des hôpitaux publics ou de former gratuitement des médecins dans des universités publiques. Dans le projet Clinton, 100% de la médecine reste privée et les hôpitaux comme les assurances se font concurrence les uns les autres.

Mais vu du côté républicain, ce projet passe pour une plaie bureaucrate, un nouveau service public probablement coûteux et sûrement inefficace, voire pour un dangereux premier pas vers le socialisme. Du coup, la candidate passe son temps à rassurer les Américains qui détestent toute idée de service publique d'état : « tout restera privé, vous pourrez garder votre assurance, continuer à choisir votre médecin. » Promis juré, cela ne créera pas le moindre fonctionnaire. Promis juré, l’état ne construira jamais le moindre hôpital.

 

 

 



Pierre Grange

 

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