Hillary à gorge déployée

Publié le par blog-elections-americaines-tf1

Tous ceux qui suivent assidument la campagne doivent supporter ces petits rires stridents et récurrents. Ceux d’Hillary Clinton. Face à une question gênante ? Elle glousse pour éviter de répondre. On lui demande de commenter la campagne d’un adversaire ? Elle se gausse. Elle veut se faire remarquer lors d’un débat ? Les cameras se braquent sur elle se tordant de rire.

Lors du dernier débat sur CNN, le journaliste demande à Barack Obama comment il compte incarner le changement tout en ayant agrégé dans son équipe la plupart des anciens conseillers de Bill Clinton. Barack n’a pas le temps d’ouvrir la bouche qu’Hillary se lance dans un rire forcé dont elle a le secret.

C’est la question qui fâche. Chez les Démocrates, Hillary incarne l’expérience (alors qu’elle passe son temps à parler de changement) et Barack représente ce changement (tout en répétant à qui veut l’entendre qu’il est largement assez compétent). La question ne lui était pas adressée mais c’est finalement Mme Clinton que les téléspectateurs entendent s’esclaffer : « j’ai hâte d’entendre la réponse ». Obama lui rétorque du tac au tac, sourire en coin : « Hillary, vous pourriez être vous-même ma conseillère à la maison blanche », la renvoyant dans le rôle de l’expérimentée has been. Incapable de repliquer, elle continue à se gondoler.

 

Voilà des mois que les humoristes tournent en dérision cette Hillary qui se bidonne pour un oui pour un non. Mais elle assume et persiste : elle veut montrer qu’elle est plus sympathique et moins froide qu’elle n’y parait. Cette stratégie parait pourtant à double tranchant. Elle se positionne souvent plus au dessus du débat qu’au cœur de l’arène : en esquivant les questions et les affrontements, en paraissant inaccessible, elle se place plus en situation de présidente qu’en position de candidate. Et même si elle reste en tête des sondages chez les Démocrates, elle s’est effondrée depuis quelques semaines. Ce qui, pour le moment, ne l’empêche pas de se poiler.

Pierre Grange

 

Petit florilèges de fous rires compilés par Gilles Bouleau

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tom 06/01/2008 18:57

J'adore ces rires, ils ne font pas de mal dans un monde si sérieux que la politique!