Mc Cain. Tiens, il est encore là celui-là?

Publié le par blog-elections-americaines-tf1

 

Revigoré. Encore un que tout le monde donnait perdant depuis 6 mois, qui n'a recueilli que 13% des suffrages au caucus de l'Iowa, rien du tout dans le Wyoming, mais qui a encore toutes ses chances. « J'ai 72 ans, j'ai plus de cicatrices que Frankenstein » et alors ?

Il a remporté les primaires dans le New Hampshire il y a huit ans contre un certain Georges Bush et tout indique qu'il pourrait rééditer l'exploit. Lui, le Has Been total, qui se présente comme présidentiable depuis des lustres, dont tout le monde s'accordait à dire que sa campagne ne prenait pas dans l'opinion publique. Mais comme il n'y a plus de grand favori chez les Républicains, il réapparait à la Une des journaux.

Alors qui reste-t-il dans ce parti de droite ? L'archi favori Rudy Giuliani patine et paye une stratégie hasardeuse. Il a boycotté les premières primaires pour se concentrer sur la Floride fin janvier et sur les grands Etats côtiers. Il s'est à peine déplacé dans l'Amérique profonde qui vote en ce moment, dédaignant les « ploucs » au profit des grandes villes. Du coup en ce moment, les médias s'intéressent un peu moins à lui, sauf pour s'étendre sur les pratiques douteuses de sa boîte de conseils juridiques ou sur sa vie privée qui n'a rien de puritaine.

Il reste Huckabee bien sur, fort de son triomphe en Iowa et qui peut compter sur le vote très important des évangélistes. Mais ce candidat sans le sou et très religieux (rappelons le, il ne veut pas admettre que l'Homme descend du singe) a peu de chance de faire des exploits dans les grandes villes.

 

Troisième homme, Mitt Romney, qui vient de remporter la petite primaire du Wyoming, qui reste haut dans les sondages et qui a toujours l'allure et la gueule d'un président. Son plus gros défaut : il est Mormon. Les Américains ont un peu de mal à voter pour ce candidat qui attend la résurrection du Christ aux Etats-Unis.

Alors par défaut, revoilà Mc Cain, le héros de la guerre du Vietnam qui n'a jamais changé d'avis, qui rassure et qui plait même à certains démocrates. Pour réaliser le même score dans le New Hampshire qu'il y a quatre ans, il va jusqu'à faire exactement la même campagne, finissant à Portsmouth, comme en 2000.  

 

 John Mc Cain. Dans toutes publicités, il montre cette image d'archive de lui prisonnier de guerre au Vietnam. Il surfe sur cette image de soldat modèle de 1967 à 1973.

Il a toujours été favorable à la guerre en Irak. Même aujourd'hui, contre l'opinion publique, il se prononce pour le maintient des troupes sur place tant que le pays n'est pas sécurisé. Ce n'est pas pour autant un va-en-guerre irresponsable. Tout en rabâchant le thème de la menace islamiste, il se prononce en faveur de la fermeture de Guantanamo et d'une interdiction formelle de toute forme de torture.

Les Américains l'appellent « maverick », le non-conformiste. Il apparait bien plus social que tous les autres Républicains. En bon homme de droite, il prône une baisse des impôts, une interdiction de l'avortement et soutient la peine de mort mais, en politicien ouvert, il souhaite une réforme de l'assurance maladie et un contrôle des armes à feu.

Il garde l'image d'un homme droit, sûr de ses positions et capable de plaire aux centristes, voire de grappiller quelques voix dans le camp adverse. Quant à son âge avancé, personne n'a l'air de lui en tenir rigueur.

Pierre Grange 

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