Le syndrome 24h

Publié le par blog-elections-americaines-tf1

Il y a quelque chose de frappant quand on suit Obama et Hillary dans la foulée, c’est la sécurité. On approche Hillary sans aucune difficulté, sans accréditation, alors que pour Obama, c’est la croix et la bannière. Chez Hillary , il suffit d’être sympathique avec le vigile qui garde la porte et on entre dans ses meetings comme dans un moulin. Ambiance bon enfant, personne n’est fouillé, personne n’est accrédité, l’entrée est ouverte à tous. On a interrogé Bill Clinton dans la rue : il était juste suivi par un garde du corps qui nous laisse l’approcher tant qu’on ne lui saute pas dessus. Côté Obama en revanche, il faut montrer patte blanche, se faire accréditer à l’ avance, arriver deux heures plus tôt, laisser le matériel pour qu’il soit minutieusement fouillé, nous passons nous même dans un détecteur de métaux après avoir retiré nos ceintures et posé nos portefeuilles. Le public lui aussi est passé au crible. Bref, le camp Obama craint une attaque, un geste fou.

Le sénateur de l'Illinois a deux modèles auxquels il fait référence sans arrêt : Martin Luther King et John Fitzgerald Kennedy, les deux ayant eu la même fin tragique. Mais Barack nous fait également penser au président de la série 24 heures. Souvenez-vous, c’est le tout début de la saison 1, le sénateur David Palmer, candidat noir aux primaires démocrates est la cible d’un attentat, que Jack Bauer, arrivera à déjouer. Ce candidat si bon, si intelligent, si incorruptible, si sensible à l’intérêt général, toujours éthique, jamais cynique et qui déchaine les foules, ne peut avoir que des ennemis : les corrupteurs ou l’extrême droite qui ne supporterait pas de voir un Noir à la maison blanche. Mimétisme de plus en plus évident entre le candidat noir de la série à succès qui finit par remporter les élections et Barack Obama qui craint un attentat contre sa personne.

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Pierre Grange

 

 

 

 

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Joseph 28/01/2008 15:44

Cher M. Grange,
merci pour votre analyse. Je souhaitais juste vous dire que la sécurité de Barack est renforcée et une équipe de la CIA le suit depuis qu'il a reçu des menaces de mort. Quant au reste, nous ne sommes plus dans les années soixante: kennedy, Martin Luther et même Malcolm X ayant été tué pour des raisons différentes....L'amérique a dépassé ce temps, en tous cas, celle que je connais. En outre, un attentat non réussi enverrait directement Barack à la maison blanche.
Vous avez remarqué qu'il y a toujours une vitre pare-balles lorsqu'il fait des discours, comme samedi soir en caroline du Sud.
merci tout de même.

karine 28/01/2008 12:11

très sympa cet éclairage. la politique c'est le risque , c'est un choix de fou non ?