Super Tuesday: mode d'emploi

Publié le par blog-elections-americaines-tf1

Mardi prochain se tiendra le "Super Tuesday," une sorte de méga-kermesse électorale. Caucus, primaires ouvertes ou fermées, démocrates, républicains ou indépendants, dans 24 états, les électeurs choisiront leur candidat. Voici un petit manuel pour que vous puissiez vous y retrouver. 

Avant de commencer, deux points à retenir : 1/ L’important pour un candidat n’est pas de gagner le plus d’états possibles mais le plus de délégués. 2/ Ces délégués sont repartis en fonction d’un système complexe qui varie d’état à état  (il est d’ailleurs possible de remporter plus de voix dans un état et d’obtenir moins de délégués.)

Et maintenant, sortez votre calculette, car la leçon de math électorale est plutôt compliquée.

Chez les Républicains :

Il reste 4 candidats en course, dont 2 favoris : John McCain, 71 ans, ancien héros de la guerre du Vietnam et sénateur de l’Arizona, il représente l’aile modérée du parti. Mitt Romney, 61 ans, millionnaire mormon et ancien gouverneur du Massachusetts, il est soutenu par les conservateurs purs et durs.

 Les deux candidats sont au coude à coude : McCain a 97 délégués (grâce à ses victoires dans le New Hampshire, la Caroline du Sud et la Floride ). Romney en a 92 (car il a remporté le Wyoming, le Michigan, le Nevada et le Maine.)

Celui qui obtiendra 1,191 délégués deviendra le candidat du parti républicain. Mardi prochain, 1,081 délégués sont en jeu. Il est donc possible qu’un des deux sorte vainqueur.

John McCain a un avantage : les sondages le donnent en tête dans plusieurs états qui ont adopté la règle du « Winner takes all » - qui prévoit que le vainqueur de la primaire remporte la totalité des délégués quelque soit son score – ces états : New York, le New Jersey, le Connecticut, le Delaware et le Missouri pourrait lui donner une large avance. Au total ils représentent près de 260 délégués.

La majorité des autres états ont adopté un système de répartition proportionnelle.

  

Mitt Romney est lui en tête dans les états conservateurs de l’Ouest : l’Utah, le Colorado, le Montana et son état natal du Massachusetts. Son point faible : un autre conservateur est encore en course : l’ancien pasteur protestant Mike Huckabee, qui pourrait bien lui prendre les voix dont il aurait besoin pour gagner, notamment dans les états du Sud.

 

L’avis des analystes : La bataille se jouera en Californie (qui compte 170 délégués), mais certains pensent que McCain pourrait sortir vainqueur dès mardi soir.

 

Chez les Démocrates :

C’est beaucoup plus compliqué. Pour remporter l’investiture, il faut 2,025 délégués. Hillary Clinton en a 232, Barack Obama 158.  

Près de 2,064 délégués sont en jeu mardi soir. Contrairement aux républicains, les délégués sont strictement repartis à la proportionnelle (avec une pondération en fonction du nombre de circonscriptions remportées – le système favorise donc un fractionnement des délégués)

Hillary Clinton a misé sur un blitzkrieg dans les grands états : New York, New Jersey, le Missouri et la Californie en comptant sur le vote ouvrier, le vote des femmes et des hispaniques.

 

Barack Obama lui joue la carte des petits états (Kansas, l’Illinois, l’Idaho) et des états du Sud où le vote noir est important ( la Georgie , l’Alabama), tout en réalisant un bon score en Californie où il est aujourd’hui au coude à coude avec Hillary

 

L’avis des analystes : Peu d'observateurs pense que la course sera réglée mardi soir. Car les deux candidats se talonnent dans les sondages. Le mode de scrutin devrait empecher l'un ou l'autre de prendre un avantage substantiel et certains pensent qu’il faudra attendre le 4 mars, lors des primaires de l’Ohio et du Texas pour voir qui est en tête.

 

Attention : 20 pour cent des délégués démocrates ne seront pas choisis par les militants : on les appelle les super-délégués : Ce sont les sénateurs, les congressmen et les membres de l’establishment du parti. Ils sont au nombre de 800. Ils voteront le jour de la convention (en Août prochain) et ils pourraient bien décider qui sera le prochain candidat démocrate.

 

 

  

Guillaume Debré

 

 

 

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gerard blanchard 07/02/2008 12:26

Pourquoi ne pas utiliser le terme Métis pour Barack Obama?
Je suis père de deux métis, ils sont outrés quand on les appelle "noirs";
 

badaboumboum 05/02/2008 01:07

je comprends de mieux en mieux! encore quelques mois et je serai au top!   :)
merci pour les éclaircissements!