Fini les gentillesses !

Publié le par blog-elections-americaines-tf1

En public ils affirment s’apprécier ! Mais pour ceux qui les côtoient, la tension entre Hillary et Obama n’a jamais été aussi intense. Barack Obama n’a pas supporté les agressions publiques de Bill Clinton et sa tentative de le faire passer pour le candidat de la communauté noire. Hillary enrage devant le quasi-mysticisme qui entoure la candidature de son rival et cette « obamania » dont les medias font état à chacun de ses meetings.

Ce weekend, ils ont donc décidé de sortir les gants. Chacun ont dépensé des millions de dollars pour s’agresser par publicités télévisées interposées. Hillary a tiré la première, en accusant Obama de n’être qu’un « beau parleur » tremblant à l’idée débattre avec elle. Obama lui a répondu qu’après 18 débats Hillary était mauvaise perdante. (Voir les vidéos)

Certes ce tirage de cheveux politique n’est pas très glorieux, mais ce soir l’enjeu est de taille : 2 primaires : le Wisconsin et Hawaii. L’occasion pour Obama de décrocher un 10 sur 10 électoral (10 primaires gagnées en Février – hors Super Tuesday) ou pour Hillary de stopper une hémorragie qui pourrait bien la laissée exsangue avant le grand rendez vous du 4 mars.

 

 

 

 

Guillaume Debré

 

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JEAN CRUSOL 26/02/2008 22:20

Hillary Clinton peut-elle éviter le naufrage ?
 

(Jean CRUSOL)
 

« Honte à vous sénateur Obama ! Honte à vous! Je vous donne rendez-vous dans l’Ohio pour vous affronter dans un débat ». A entendre cette violente sortie de l’ex-première Dame contre le charismatique sénateur afro-américain, on a bien l’impression qu’elle savonne elle-même la planche sur laquelle elle est en train de glisser.
Il y à peine trois jours, lors du débat du jeudi  21 février à l’université d’Austin au Texas elle avait multiplié les propos consensuels. Certains observateurs ont même cru qu’elle voulait jeter l’éponge, quand, à la fin du débat, elle a lancé dans un sourire, mi-angélique, mi-mélancolique : «Je suis honorée d’être ici aux côtés du sénateur Obama. Je suis très honorée et, quoiqu’il arrive, je sais que tout ira bien ». Voila qu’à nouveau elle lance des propos d’affrontement. Peut-être essaie-t-elle de se redonner une image de battante après l’impression d’essoufflement, voire de désarrois, qu’a pu donner sa campagne ces derniers temps.
Pourtant, elle sait bien l’effet dévastateur de tels propos chez les électeurs du Parti Démocrate. Las de la politique partisane et guerrière de W. Bush, recherchant un leader qui rassemble et qui peut leur faire à nouveau rêver, -ce que fait si bien Obama-, ils rejettent avec dégout ce genre de posture. Bill, son époux et mentor, avait déjà tenté cette méthode. Avant la primaire de l’Iowa, Il avait lancé quelques propos négatifs et désobligeants à l’endroit d’Obama. Il avait apostrophé sur la guerre d’Irak : «vous nous racontez un conte de fée en disant que vous avez toujours été contre la guerre, arrêtez ». Or on sait qu’Obama a voté contre l’entrée en guerre. On a vu les résultats de ce propos dans l’Iowa. Et Hillary a du vite lui mettre un bâillon.
D’ailleurs, dans la première partie du débat de l’université d’Austin, Hillary avait pu faire sa propre expérience. Ayant accusé Obama de plagiat parce qu’il avait repris une partie d’un discours de l’un de ses supporters, elle lui avait lancé «  vous devez utiliser vous propres mots…sinon votre slogan n’est pas « le changement dans lequel nous pouvons croire » mais « le changement que nous pouvons photocopier ». Flegmatique, Obama lui avait répondu, sans lever les yeux des notes qu’il était en train de prendre « voila que la saison idiote commence ». Son bon mot était tombée à plat, et elle avait alors du essuyé quelques hués des spectateurs.
En revenant sur le terrain de la confrontation dure, Hillary risque bien d’aggraver son cas…Mais ce n’est pas le plus préoccupant. Après avoir conduit la course en tête jusqu’à il y a deux semaines, elle se retrouve désormais derrière son concurrent : Obama, 1193 délégués[1], Clinton, 1034 délégués (à ces chiffres s’ajoutent, 161 super-délégués pour Obama et 234 pour Clinton). Il y donc une différence de 159 délégués à l’avantage d’Obama. Il reste une vingtaine de primaires à courir. Le total à réaliser pour obtenir la désignation est de 2025. Par conséquent la marge de rattrapage possible est très étroite. Et Obama bénéficie désormais de la dynamique de victoire. Le vieux routier qu’est Bill Clinton, l’a bien compris. « Si vous ne faites par gagner largement Hillary, c’est fini » a-t-il lancé aux électeurs du Texas et de l’Ohio.
Et que disent les faits ? Les prochaines primaires ont lieu le 4 mars. Quatre  états sont concernés : le Texas, l’Ohio, le Vermont et Rhodes Island. Seuls le Texas et l’Ohio comptent vraiment dans la course. Le premier état a 23,5 millions d’habitants et 193 délégués, le second 11,4 million et 141 délégués. Rhode Island a 1 million d’habitants et 21 délégués et le Vermont, 0,6 million d’habitants et 15 délégués. Hillary doit donc gagner largement dans les deux premiers états si elle veut éviter le naufrage. La répartition des délégués étant à la proportionnelle, il lui faudrait réaliser autour de 55% des voix. Les sondages les plus récents lui donnent entre 43 et 47%, au Texas, et entre 46 et 48% dans l’Ohio. Dans le Rhodes Island, elle serait autour de 52%, mais dans le Vermont, Obama la battrait à 60% ! Et le dernier sondage  CNN du 25 février, donne l’avantage à Obama au Texas.
Bien sûr, au Texas, elle compte beaucoup sur les hispaniques qui représentent 36% de la population. Elle y a un bon impact semble-t-il. Mais les résultats des dernières primaires montrent qu’Obama a beaucoup progresser dans cet électorat, et dans l’Ohio les hispaniques ne représentent que 2,3%. Par contre les noirs, sur lesquels Obama peut en général compter, représentent 12 et 13% dans l’Ohio et le Texas.
Evidemment, Barack Obama n’est pas à l’abri d’une erreur ou d’un faux pas, mais s’il réussit à maintenir sa dynamique de campagne, il va falloir que les Clinton préparent les canots de sauvetage !

 



[1] Les délégués sont des militants élus avec un mandat impératif, lors des primaires et des caucus. Les super-délégués sont les élus, sénateurs, représentants, gouverneurs des états et dirigeants du parti qui peuvent voter pour le candidat de leur choix. Ils sont 793 sur 4050 délégués. Généralement ils évitent de voter pour un autre candidat autre que celui choisi par les militants de leur état, car ces derniers pourraient ne pas les soutenir à la prochaine élection. C’est pourquoi ils se déterminent, pour la plupart, au moment du congrès -qui se tiendra pour le parti Démocrate, du 4 au 8 août.