Le problème de M. Clinton

Publié le par blog-elections-americaines-tf1

Dans un couple moderne, on se partage les tâches. Et les Clinton sont un couple moderne : quand Hillary fait campagne au Texas, Bill se charge de l’Ohio. Un travail d’équipe qui n’est pas superflu : mardi prochain, la candidate jouera à quitte ou double dans ces deux gros états; si elle ne les gagne pas, ses chances de nominations disparaissent presque totalement.

Lundi nous avons suivi Bill Clinton, qui sillonnait les routes de l’Ohio pour convaincre les démocrates hésitants à voter pour son épouse. “Tenter de suivre” serait d’ailleurs plus juste : l’ancien président a donné cinq meetings dans la journée, enchaînant les discours et les kilomètres. Lui se déplace en convoi escorté par les services secrets; ne bénéficiant pas de telles faveurs, nous avions un peu de mal à suivre son rythme. Et pour tenter d’obtenir une déclaration (que nous n'avons pas eu), notre seul espoir était de l’attendre sur le parking avant qu’il ne reparte vers sa prochaine étape.

Des étapes d’ailleurs à la limite du folklorique : Chillicothe, Portsmouth, Athens... Des villes ne dépassant guère les 20 000 habitants, perdues au milieu des champs. Est-ce le signe que les Clinton ont désespérément besoin de voix ? Sur scène, Bill Clinton a un énorme charisme et un sens politique évident. Normal pour un ex-président. Il sait, de manière simple et convaincante, expliquer des problèmes complexes (la dette extérieure, l’assurance maladie...) et présenter ses solutions et son programme. Pardon : le programme d’Hillary. A voir le plaisir qu’il prend à monter sur le podium et à faire campagne, on se dit en effet que Bill n’a qu’un seul problème : ce n’est pas lui le candidat. Et il semble le regretter.

Dans ses meetings, il évoque d’ailleurs avec humour les joies d’être président : “on joue de la musique dès que vous entrez dans une pièce, vous évitez les embouteillages de Washington, et votre avion est tellement cool qu’ils en ont fait un film.” Pour Bill, c’était le bon vieux temps. Après avoir quitté la Maison blanche, il semblait s’ennuyer; la campagne d’Hillary lui donne une seconde jeunesse. Les électeurs ne sont pas dupes : même si Bill Clinton reste un ancien président très populaire, tous ne souhaitent pas le voir de retour aux affaires, même par alliance. Et la rhétorique du changement de Barack Obama rencontre un écho d’autant plus favorable qu’il apparaît évident que les Clinton sont de l’histoire (presque) ancienne.

Tristan Dessert

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