Présentation

Bureau de Washington

L'équipe de TF1-LCI  Washington couvre l'actualité politique, économique, et sociale du continent Nord-Américain.


Les correspondants du bureau sont Gilles Bouleau et Guillaume Debré. 

 

Mercredi 12 août 2009 3 12 /08 /Août /2009 17:35



200 jours
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C'est ce qu'il aura fallu pour que la cote de popularité de Barack Obama commence à flancher. Certains sondages lui accordent en effet ces derniers jours seulement 50% d'opinions favorables, une première depuis son élection. Mais qu'a donc fait le président americain pour se retrouver au centre de toutes les critiques ? Il y a d'abord le plan de relance de l'economie qui, bien qu'enrayant la recession, peine à faire oublier que le taux de chomage reste très élevé (9,4% en Juillet). Mais surtout, il y a la réforme du système de santé, grande promesse électorale du candidat Obama en 2008, qui se heurte au rejet d'une partie de l'opinion publique et des Républicains. Le projet de loi consiste, dans ses grandes lignes, à obliger les employeurs à payer une assurance maladie à leurs salaries (47 millions d'Americains n'en disposent toujours pas), et à proposer une assurance publique pour faire pression sur les prix des compagnies privées. Le tout étant financé en partie par une augmentation d'impots pour les ménages les plus aisés. Un système encore bien loin de la couverture universelle à la Francaise. Mais dans un pays où toute action de Washington est considerée comme une ingérence dans les affaires des Etats, il n'en faut pas plus pour déchaîner les passions.

Une atmosphère tendue

Avec le début des vacances parlementaires la semaine dernière, le débat s'est deplacé dans les forums locaux tenus par les sénateurs et représentants démocrates pour défendre la réforme d'Obama. Et l'atmosphère n'y est pas sereine. Manifestations de conservateurs, interruptions de discours, accusations de "socialisme", insultes, debut de bagarres, et même, saccages de bureaux, ont ponctué ces derniers jours. Mais face à ces protestations qui monopolisent l'espace mediatique, la Maison Blanche est bien decidée à ne pas se laisser faire. Le président se rend en personne aux quatres coins du pays pour tenir des réunions publiques sur le sujet, et ses supporters commencent à organiser des manifestations ... de soutien cette fois-ci !
Autant dire que le combat s'annonce rude dans les semaines à venir, et que son issue déterminera pour beaucoup la capacité à gouverner de Barack Obama.

Hugo Clément

Trouvez ci-dessous le lien vers le reportage de Guillaume Debré, Natalia Mendoza, et Tristan Dessert, sur les manifestations liées à la réforme du système de santé.
http://videos.tf1.fr/jt-20h/le-20-heures-du-13-aout-2009-4515419.html
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Mercredi 29 juillet 2009 3 29 /07 /Juil /2009 16:40

Il est des endroits sur terre où la nature impose le respect. A cheval entre les Etats de l'Utah et de l'Arizona,  Monument Valley en fait partie. Situés en pleine réserve des indiens Navajo, ces paysages désertiques laissent pantois tous les touristes qui s'y rendent. Excités de marcher dans les pas de John Wayne et de Clint Eastwood, ceux-ci oublient parfois que "la vallée des rocs", comme la nomment les amérindiens, était là plusieurs milliers d'années avant que les westerns ne la rendent célèbre. Et quand les premiers rayons du soleil viennent embraser la roche aux couleurs vives, on se dit que finalement, on est bien peu de choses.

Hugo Clément


Retrouvez ci-dessous le lien vers le magnifique reportage dans la Monument Valley, de Guillaume Debré, Chistophe Barreyre, et Vincent Mortreux.

Cliquez ici !


Jetez également un coup d'oeil sur les très belles photos du tournage ci-dessous, prises par Vincent Mortreux.




Christophe Barreyre, et le soleil levant de Monument Valley.






Christophe Barreyre, et un groupe de jeunes touristes Français.



Vincent Mortreux, et le drapeau Américain version Navajo.



Christophe Barreyre.


Christophe Barreyre, et des paysages grandioses.


Vincent Mortreux, et Christophe Barreyre, avec en arrière-plan, les mythiques "gants des Dieux".


Christophe Barreyre, dans un décor de Western.


Monument Valley, vue de Montgolfière.


Christophe Barreyre et Vincent Mortreux, n'ont plus les pieds sur terre.


Un tournage périlleux ...


... et un atterrissage mouvementé. Les risques du métier !
Par Bureau de Washington
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Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /Juil /2009 21:04

Survenue il y a maintenant plus d'un mois, la mort de Michael Jackson conserve encore une large part de mystère. Il faut dire que les causes du décès ne sont pour le moment pas clairement établies, et que les spéculations vont bon train. "Overdose" disent les uns, "assassinat" répondent les autres. Mais depuis une semaine, l'étau se resserre autour du médecin personnel du Roi de la Pop, Conrad Murray. Après sa clinique du Texas mercredi dernier, c'est aujourd'hui celle du Névada ainsi que son domicile qui ont été perquisitionnés. Les enquêteurs cherchent à savoir si une négligence de sa part lors des fréquentes injections qu'il administrait à la star, a pu provoquer l'arrêt cardiaque fatal du 25 juin dernier. Si tel était le cas, il devrait répondre d'homicide involontaire.

Une inattention mortelle?

Une des hypothèses mises en avant, est que le Docteur Murray aurait injecté à Bambi une forte dose de Propofol, un puissant sédatif, sans effectuer la surveillance nécessaire pour éviter toute réaction anormale du patient. Le site people TMZ affirme même à ce sujet que le médecin se serait endormi pendant l'injection, et n'aurait pu que constater le décès en se réveillant. L'intéressé n'a jamais caché l'utilisation du Propofol en question sur Michael Jackson. Il affirme cependant n'avoir effectué aucune injection susceptible de tuer. La rumeur de "l'erreur volontaire" continue malgré cela de circuler parmi les fans, bien que l'on voit difficilement l'intérêt pour Conrad Murray de supprimer son patient le plus lucratif. Pour autant, comme tout médecin, il devait savoir que le Propofol est un produit conçu pour les anesthésies générales en blocs opératoires, et donc très dangereux en cas d'usage inapproprié. Alors, pourquoi avoir continué à l'utiliser pour traiter les "insomnies" et assouvir le manque d'un homme affaibli ?

Hugo Clément

Ci-dessous, le lien vers le sujet de Guillaume Debré et de Natalia Mendoza sur l'enquête en cours, diffusé le 28 Juillet dans le journal de 20 heures.

Cliquez ici  
  et sélectionnez le chapitre 9 dans le volet "chapitre".


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Samedi 21 mars 2009 6 21 /03 /Mars /2009 06:35

Pour éviter que sa popularité s’effrite vitesse grand V avec le scandale des bonus d’AIG, Barack Obama prend ses distances avec la classe politique et avec Wall-Street. Son but: apparaître proche des classes moyennes. Son moyen: la com’. Son problème: sa méthode nourrit les critiques et il commence à faire des gaffes. 

 

Déjà présenté comme l'as des nouveaux moyens de communication pendant la campagne présidentielle en annonçant le nom de son vice-président par SMS, en draguant les électeurs sur facebook ou en diffusant un spot publicitaire de 30 minutes sur toutes les chaînes six jours avant les élections à une heure de grande écoute, Obama plus qu’aucun autre candidat avait su occuper l’espace médiatique. Une fois élu, pendant la transition, alors qu'il assurait qu'il n'y avait qu'un président à la fois, George W. Bush, il continuait d'être partout, tout le temps.

 

Depuis qu’il occupe le bureau ovale, avec sur le dos une crise économique sans précèdent depuis 1929 et deux guerres , sa présence dans les médias s’est exacerbée. Obama justifie son ultra-visibilité sur Internet, à la radio, à la télé, à la une des magazines people et dans des meetings avec le peuple américain par la nature de son rôle de président qu’il compare à celui de pom-pom girl. Il pense qu'une de ses taches est de redonner confiance aux Américains en expliquant ce qui ne va pas et en les encourageant à faire certains choix pour améliorer la situation. 


Son récent voyage en Californie n’a pas fait exception à cette surexposition médiatique. Sur le point de partir pour la côte ouest mardi, avec en bruit de fond le moteur de son hélicoptère Obama donna une conférence de presse sur le gazon de la Maison blanche. A peine revenu dans la capitale américaine hier soir, était diffusé un message à destination de l'Iran. Lequel clôturait une journée d'Obama où les téléspectateurs et internautes l'ont vu visiter une usine près de Los Angeles, rencontrer le gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger, lors d’un meeting et enfin participer à un show TV. 

 

Ses critiques l’accusent de se disperser et d’apparaître trop détendu alors que le pays est en crise. Pour eux, la seule occupation d'Obama devrait être de résoudre la crise économique depuis son bureau. Avant d’aller sur le plateau de l’humoriste Leno, Obama reconnaissait que sa méthode n’est pas exempte de tout reproche. Ce que l’enregistrement de l’émission confirma car chez l’humoriste Obama a fait une bourde. Alors que l’animateur lui demande s’il a fait des progrès au bowling, exercice dans lequel il est apparu particulièrement maladroit pendant la campagne, Obama assure qu'il s’est bien entraîné depuis, au point que son score maintenant est comparable à celui d’un athlète aux jeux paralympiques. Ses conseillers en communication sentant que ce qui se voulait être drôle allait déclencher une polémique ont essayé de la neutraliser. Obama avant la diffusion de l'émission appela Tim Shriver le président des Jeux Paralympiques pour dire qu’il « était déçu (par ses propres propos) ».

 

Une nouvelle leçon pour le président qui le week-end dernier a envoyé ses conseillers économiques sur les plateaux des émissions politiques du dimanche pour désamorcer l’affaire de la société semi-publique AIG où des bonus mirobolants ont été versés à ses cadres alors que le contribuable vient de la renflouer avec plus 170 milliards de dollars suite à ses pertes pour l'année 2008 qui sont les plus importantes jamais enregistrées par une société américaine. Malheureusement pour Obama, la prestation de Larry Summers, son principal conseiller économique l’a plus écorché qu’aider. Surtout quand Summers a dénoncé « les bonus outrageux » d’AIG alors qu’il a été un des architectes de la dérégulation sous Bill Clinton.


Malgré ses quelques faux pas, la com’ d’Obama marche. 60% des Américains pensent qu’il fait du bon boulot. Selon un récent sondage Gallup près de 70% des Américains considèrent que malgré la crise le rêve américain d’être propriétaire et de faire fortune si on travaille dur est toujours possible. Beaucoup dissent qu'il restent optimisme en partie grâce à Obama. Du coup, ce dernier va continuer d'être ce président ultra-présent communiquant par tous moyens avec l'Amérique comme le confirme la diffusion ce dimanche de sa plus longue interview depuis qu'il est président . La vidéo adressée la nuit dernière directement aux dirigeants iraniens pour le nouvel an iranien dans laquelle Obama propose une nouvelle voie dans les relations irano-américaines après trente années de tension laisse aussi penser qu'il pourrait utiliser plus fréquemment les moyens de communication pour s'adresser au reste du monde. A vérifier lors de sa venue en Europe en avril prochain. 

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Mercredi 18 mars 2009 3 18 /03 /Mars /2009 17:23

Pendant la campagne présidentielle, Barack Obama s'est présenté comme le seul candidat apte à mettre fin aux politiques de Bush et de son acolyte, Dick Cheney, avec qui Obama est cousin au 8e degré. Avec l'annonce de la fermeture de Guantanamo et le retrait des troupes d'Irak, il s’est effectivement empressé de tourner la page Bush. Sauf que presque tous les jours, lorsque lui ou un membre de son administration expliquent les difficultés auxquelles l'Amérique est confrontée, l'administration Bush redevient attractive. Selon Obama et ses proches, les politiques de Bush seraient la cause de tout ce qui ne va pas en ce moment aux Etats-Unis. Dans un discours du 4 mars dernier Obama affirmait avoir hérité d'un ''désastre fiscal.'' Sa secrétaire d'Etat, Hillary Clinton a précisé que ses récentes tournées au Moyen-Orient et en Asie notamment ont été le moyen de jauger des dégâts causés par Bush à la réputation des Etats-Unis dans le monde. Son verdict est sans appel, c'est ''pire que tout ce que j'avais pu imaginer'', a commenté l'ex-première dame.               

Dimanche, l'ancien vice président de Bush, Richard B. Cheney qu'Obama appelait pendant la campagne ''my cousin Dick'' est monté au créneau pour défendre le bilan de l'administration Bush, qualifiant même les deux mandats de Bush de ''great success story''. ''En Irak, nous avons accompli presque tout ce que nous voulions'' expliqua Cheney dans une émission de CNN.  Quant a l'économie, ''ce n'est certainement pas de notre faute'' si les conditions se sont dégradées, assura-t-il. Avant d'accuser Obama avec sa politique de relance de mettre à sac les fondamentaux de l'économie américaine en développant le ''big gouvernement'' sur le secteur privé. 


Avec Obama, l'Amérique est en danger

Dans son élan, Cheney souligna qu'Obama a mis en danger la vie de millions d'Américain en détricotant les politiques sécuritaires de Bush qui selon lui ont permis d'éviter un nouvel attentat sur le sol étatsunien. ''Quand vous êtes en guerre vous utiliser tous les moyens pour gagner'', y compris la torture a implicitement reconnu l'ex-vice président. Plutôt que de suivre les conseils de Cheney plus impopulaire que Bush au moment de quitter ses fonctions, Obama a répété dans son discours sur l'état de l'Union que pendant son mandat, ''l'Amérique ne torturerait pas'' avant de rappeler que les services secrets américains étaient soumis aux mêmes règles que l'armée, c'est-à-dire à la Convention de Genève. Vendredi dernier il a rejeté le statut de combattant illégal qui ''a justifié jusqu'ici la détention illimitée de suspects à Guantanamo sans inculpation’’. Ce qui désole Cheney pour qui ''chaque nouvelle politique annoncée par l'administration Obama est devenue une source d'inquiétude'' car elle place l'Amérique un peu plus à la merci des terroristes, dira-t-il au journaliste de CNN. En chaise roulante lors de l'inauguration d'Obama, Cheney qualifié de plus puissant vice-président dans toute l'histoire des Etats-Unis par les experts en raison de son rôle dans la politique étrangère américaine après le 11 septembre est apparu requinqué par l’air frais du Wyoming où  il vit depuis la fin de son mandat.

Au lendemain de son interview sur CNN, l'administration Obama d'un ton courtois mais clair a renvoyé Cheney vers Cheyenne, le chef-lieu de son état de montagne et de plaine. Le porte parole de la Maison blanche, Robert Gibbs, interrogé par un journaliste sur les propos de l’ex-‘’veep’’, a simplement ironisé que si le parti républicain avait envoyé Cheney sur le plateau de CNN, c’était certainement parce que Rush Limbaugh, un animateur radio très célèbre en Amérique pour ses positions très à droite, n’était pas disponible. Hormis cette remarque, pas plus que lorsque Limbaugh a souhaité qu’Obama échoue, l'administration du jeune président n’a fait cas des critiques de Cheney. Pour Obama, Le seul intérêt de s’attarder sur Bush, c’est pour d'expliquer les 14 mois de récession, les 1, 2 trillion de déficit en 2008 ou les 4,259 soldats morts en Irak, et être sur que le peuple américain comprenne bien ''qu’aucun président avant lui n’avait hérité d’une pire situation'' comme l’a encore souligné ce matin Joe Biden, le vice-président d’Obama.

Après Cheney, Bush reprend du service

La réapparition aujourd’hui sur la scène publique de l’ancien président va faciliter ce ‘’travail de mémoire’’. George W. Bush lance aujourd’hui au Canada un cycle de dix allocutions. Ses prochains discours auront lieu en Europe et en Asie. En pleine crise économique, le montant de son cachet ''évalué par plusieurs sources à 150 000 dollars'' pour un seul discours risquent de faire jaser.

 

 


                                                                Benoit Sarrade 


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Jeudi 12 mars 2009 4 12 /03 /Mars /2009 20:49

Blanchiment d'argent, fraudes sur des titres financiers, transactions et courriers électroniques,  faux et usage de faux...voilà quelque uns des 11 chefs d'accusation que Bernard Madoff, l'ex-directeur du Nasdaq devenu entre temps le plus grand arnaqueur de tous les temps vient de reconnaître ce matin lors de son audition. Jusque-là présumé innocent, le plaidé coupable permettra à l’escroc d'éviter la confrontation avec un jury populaire. Il n'y aura donc pas de procès Madoff ….juste une audience dans un peu plus de 3 mois dans laquelle le juge prononcera sa peine.                  

                                                                                                           

Le parquet a requis 150 ans de prison et 5 milliards de dollars contre Madoff ce qui équivaut a la peine maximale pour les faits qui lui sont reprochés. En décembre dernier, Madoff annonce à ses proches peu avant d’être cueilli par le FBI  « qu'il est fini. » Son système de cavalerie qui consistait à payer ceux qui investissaient dans sa société avec les capitaux apportés par les derniers investisseurs vient de s'écrouler. Avec la chute des marchés, tout le monde veut récupérer son argent. Mais Madoff ne l'a plus. Quand l'affaire éclate fin 2008, elle a l'effet d'une bombe. Elle porte l'estocade à Wall-Street déjà mal en point et aux autorités financières américaines, aux yeux et à la barbe desquels, l'ex-gérant de fonds a selon le parquet américain englouti plus de 65 milliards de dollars soit plus de 51 milliards d'euro, c'est-à -dire à peu près le PIB de l’Azerbaïdjan pourtant riche en pétrole.

 

                                                                                                                    

Pendant les 90 jours qui se sont écoulés depuis sa mise en examen, Madoff a constamment fait la une des journaux. En janvier, il a essayé de dissimuler aux autorités des bijoux pour une valeur de 1 million de dollars en les envoyant dans un paquet à ses proches. Mardi dernier, il confirmait au juge qu'il ne voyait pas d'obstacle à garder son avocat même si avec son schéma de Ponzi il a fait perdre près d'un million de dollars à la famille de ce dernier. Les victimes de Madoff ont en effet peu de chance de revoir les sommes qu’elles ont investies dans sa société a déclaré un juge fédéral interviewé par la chaîne MSNBC. Jusqu'à présent les autorités n'ont retrouvé qu'un milliard de dollars. Les investisseurs que Madoff a duppé viennent d'Amérique, d'Europe, d'Asie…et regroupent des banques, telles que la Société Générale et la BNP, des stars comme Steven Spielberg, des associations caritatives, des professions libérales et même des écoles.  S'addressant indirectement à celles-ci, Madoff a dit ce matin a au juge d’une voix fébrile qu’il se sentait « profondément désolé et honteux » et que s'il est là aujourd'hui «c'est pour accepter la responsabilité de [ses] crimes ».                                                                                                                                                                                                                                                                    

Conscient que malgré ses excuses Madoff restera une des personnes les plus haïes aux Etats-Unis, et dans le monde, les services de sécurité américains cherchent à limiter ses apparitions en public. Ce matin, c’est vêtu d’un gilet pare-balles qu’il s’est rendu en moins de 45 secondes de sa voiture au tribunal. Si sa vie reste sauve jusqu'au prononcement de sa peine le 16 juin prochain, c'est derrière les barreaux vraisemblablement qu'il finira ses jours alors même que les experts assurent que sa condamnation sera bien inférieure à 150 ans. L’homme âgé de presque 71 ans devrait prendre au moins 40 ans.

 

Jusque-là assigné à résidence dans son luxieux appartement de Manhattan, Madoff est reparti menotté du tribunal et a été mis en détention immédiate. La défense à cette fois-ci convaincu le juge que son placement en liberté surveillé jusqu’au prononcement de sa peine était trop risqué. Comme Madoff pourrait finir sa vie en prison, ses victimes craignaient qu’il cherche à s’évader ou à mettre fin à ses jours. Celles présentes au tribunal ont applaudi à l'annonce de son emprisonnement mais toutes espèrent qu'il ne s'agit-la que d'un point de départ ; elles veulent obtenir plus ; elles veulent savoir où est leur argent et si Madoff avait des complices. C’est pour faire toute la lumière sur cette affaire que quelques 45 cabinets avocats ont été saisi du dossier qui va engendrer dans les mois à venir plus de 22 000 procédures et que la constitution d’un tribunal international spécial a été demandée. "Bernie", comme le nomment ses amis, même derrière les barreaux pour le reste de sa vie n'en a pas fini de faire parler de lui.



                                                                       Benoit Sarrade 
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Vendredi 5 décembre 2008 5 05 /12 /Déc /2008 18:37

Barack Obama veut rassembler tous les Américains; qu'ils soient démocrates ou républicains. Conscient que son message passera mieux au niveau des électeurs républicains si il a une partie de leurs élus dans la poche, il tente un coup de charme auprès des élites dirigeantes conservatrices. Mais son premier contact avec les législateurs républicains est parfois rude...

Ros-Lehtinen, une élue républicaine à la Chambre des représentants est dans son bureau. Son portable sonne. L'indice téléphonique indique que la personne qui appelle vient de Chicago.


« Allô...oui, bonjour; qui est à l'appareil » demande Ros-Lehtinen.

« C'est Barack Obama. Je voudrais vous féliciter pour votre réelection...», dit le nouveau président avant d'être coupé par Ros-Lehtinen.

"On la connaît votre blague, Monsieur, ce n’est vraiment pas très drôle" répond Ros-Lehtinen avant de raccrocher pensant avoir affaire à un canulard.

Après quelques instants, un nouveau numéro s’affiche sur son écran. Elle répond.

« Qui est-ce? »

« Bonjour, c’est Rahm Emanuel...Je n'arrive pas à croire que vous venez de raccrocher au nez de Barack Obama. J'ai adoré. C'était très drôle. Mais Barack veut vraiment vous parler.»

Ros-Lehtinen avant de raccrocher fait comprendre à son interlocuteur qu'elle n'est pas dupe. Elle sait que c'est une blague téléphonique.


Décidément se dit l'élue, ces gens de la radio ne sont pas très imaginatifs. « Ils font toujours les mêmes blagues idiotes. Un coup ils se font passer pour Fidel Castro, une autre fois pour Chavez. Maintenant ils se prennent pour Barack Obama. »


A peine cette pensée évacuée, son téléphone sonne à nouveau. Là, c'est trop se dit-elle. Au bout du combiné, cette fois, elle a un jeune homme timide qui l'invite à appeler d’urgence Howard Berman, le Président de la commission des affaires étrangères à la chambre des représentants. Ce qu'elle fait sur le champ. Berman aussitôt lui explique qu'elle vient de raccrocher au nez de Barack Obama et de son chef de cabinet. « ...plutôt gênant... oups! désolée! », répond Ros-Lehtinen.


Obama qui l’aura finalement plus tard au téléphone lui a dit sans acrimonie qu'il ne l'oubliera jamais.
«On m'a déjà raccroché au nez. Mais deux fois de suite, ça non jamais», s'amuse-t-il encore. Le voilà le véritable héritage de George W. Bush dont on a tant parlé pendant la campagne présidentielle. Bush a tellement divisé les Américains que maintenant même leurs représentants ne s'imaginent pas pouvoir recevoir un appel du président si il appartient à un autre parti.

 

                                          
                                                                                              Benoît Sarrade


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Mardi 2 décembre 2008 2 02 /12 /Déc /2008 18:03

Le 20 janvier prochain, Barack Obama emménagera à Washington DC. Sans conviction. Il n’aime pas beaucoup la ville. Il trouve que la vie y est monotone, impersonnelle et technocratique. « Les gens s’y rencontrent pour parler affaires puis rentrent chez eux. Leur but n’est pas d’apprendre à se connaître», déclarait Obama en 2007 au Washington Post. C’est pourquoi au lendemain de sa victoire, Obama a annoncé qu'il passerait la période de la transition à Hyde Park, son quartier de toujours à Chicago. District qui a accompagné sa réussite et auquel il doit beaucoup.

                    Vue depuis Hyde Park sur le lac Michigan et la ville de Chicago                                                                                               
                                                                      
Vue depuis Hyde Park sur le lac Michigan et sur la ville de Chicago

Hyde Park, c'est un peu le Belleville de Chicago. Dans une des villes américaines les plus marquée par la ségrégation raciale, Hyde Park, passe pour "la tolérante" depuis les années 50. Ici, « on voit défiler le monde entier », raconte un habitant. Blancs, noirs, jaunes, rouges, bruns, chaque peuple et chaque pays du monde à ses représentants. Quand on s'y balade, on se croirait dans un discours d'Obama ; "il n'y a pas une Amérique blanche et une Amérique noire.... il y a les Etats-Unis d'Amérique". "Cette convivialité à Hyde Park entre les peuples a décomplexé Obama sur la question raciale" affirme Timuel Black, historien de la ville de Chicago et proche d'Obama.

En plus d'être ouverte sur le monde, Hyde Park "héberge" toutes les classes sociales. Face à la Maison d'Obama à 1,65 millions de dollars, on peut acheter des pavillons pour moins de 190,000 dollars. Quelques rues plus loin, on trouve même des maisons condamnées.


La Maison des Obama à Hyde Park


Timuel Black assure que l'hétérogène composition de la population d'Hyde Park a beaucoup contribué à l'ascension fulgurante d'Obama. "N'étant pas natif de Chicago, sans l'ouverture des habitants d’Hyde Park, Obama ne serait jamais devenu sénateur au niveau local. Nulle part ailleurs son histoire n'aurait même été possible" commente-t-il.

Dès 2000, lorsqu'il échoue pour un poste de sénateur à l’échelon national, Obama comprend qu'Hyde Park ne reflète pas les valeurs de l'état de l'Illinois. Hyde Park a souvent voté indépendant tandis que Chicago et l'Illinois sont aux mains de la "machine politique démocrate".

A Hyde Park, Obama a aussi profité d'un environnement intellectuel exceptionnel. L'Université de Chicago se trouve à quelques kilomètres de sa maison. Fondée par le magnat du pétrole, John Rockefeller, pas moins de 80 prix Nobel y ont enseigné. Ce qui a permis à Obama lorsqu'il y était professeur de droit constitutionnel et demandait à ses étudiants d'imaginer le futur de l'Amérique avec un Président noir, de côtoyer certains des plus grands intellectuels du pays.
                                                                                      
    Obama le Professeur





Hyde Park l'intellectuelle, la libérale, la tolérante a profondément influencé Obama. A la fin de l'interview Timuel Black, se demandait comment les valeurs d'Hyde Park se refléteraient dans sa future administration.  Avec la nomination de Valerie Jarrett comme principale conseillère du président, Black peut être tranquille. Avec Valerie Jarrett qui vit depuis longtemps dans le quartier, Hyde Park aura les oreilles d’Obama. Et s'il oublie les valeurs du quartier, Mme Jarrett lui tirera. Donc, même à la Maison blanche, Obama n’aura pas quartier libre. En plus, Chicago veut les Jeux Olympiques de 2016. Obama s'efforcera donc de faire comprendre au comité d'organisation des JO que les valeurs olympiennes sont déjà bien encrées à Chicago, ou au moins dans un de ces quartiers.
      
         
Benoit Sarrade 
                      

                                                                                                 

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Samedi 29 novembre 2008 6 29 /11 /Nov /2008 00:13

Vendredi dernier, le New York Times titrait qu’Hillary Clinton avait accepté le poste de secrétaire d'Etat. Sa nomination devrait avoir lieu en début de semaine prochaine. En faisant entrer Hillary dans son administration, Obama néglige une règle essentielle de management : ne jamais recruter quelqu'un qu'on ne puisse pas virer. Pour l'instant, il ne récolte que les hourras des médias. On le compare à Abraham Lincoln qui avait aussi ouvert son cabinet à ses ex-rivaux. Geste interprété comme la preuve qu'un président place l'intérêt du pays au-dessus des siens. Le problème avec Hillary Clinton, c'est que tout a un prix; au sens propre et figuré.
 

Pour qu’Hillary accepte sa défaite dans les primaires démocrates, Obama a du éponger une partie de sa dette de campagne. On parle de 6 millions de dollars. Une broutille si l’on pense à ce qu’Hillary va lui coûter en tant que secrétaire d’Etat.

 

D'une part, sur plusieurs dossiers chauds, ils ne sont pas d'accord. Pour Obama, le gouvernement pakistanais doit faire plus contre Al-Qaida. Sinon, il envisage une intervention américaine au Pakistan. Et, "unilatéralement, s'il le faut". Action que condamne Hillary. Pendant les primaires, elle affirmait que c’était irresponsable.  

 

Obama et Hillary ne sont pas non plus d'accord sur le dossier iranien. Elle a approuvé une loi qui assimile les Gardiens de la révolution islamique iranienne à une organisation terroriste. Suite à ce vote, Obama l'a qualifiée de « Bush-Cheney light ». Obama propose lui de reprendre le dialogue avec Téheran, et de rencontrer sans précondition Ahmadinejad. Idée qu'Hillary qualifie de naïve.

 

Malgré son soutien à la guerre en Irak pendant les deux premières années du conflit, Mme Clinton va vraisemblablement devenir la 1ere diplomate des Etats-Unis. Si elle a beaucoup travaillé ses dossiers de politique étrangère au Sénat, rien ne prouve qu’elle a le talent pour le poste. Elle dit qu'avec son passé de « first lady », elle est prête pour le job. Peut-être mais n’oublions pas que pendant les primaires démocrates, elle a enjolivé cette époque. Par exemple, elle a raconté qu'en 1996, elle était arrivée à Tuzla (Bosnie- Herzégovine) sous un déluge de feu. Les télévisions américaines ont rapidement montré que c’était absolument faux. Elle s’est aussi attribué un rôle prépondérant dans le processus de paix en Irlande du Nord. Or, d'après les réels protagonistes son rôle a été mineur et indirect.

 

Enfin, pour neutraliser Hillary, Obama a du faire des concessions. En effet, Hillary a accepté de passer de rivale au sénat à alliée au sein du gouvernement ,si et seulement si, elle pouvait choisir son staff. Et, comme le conseiller à la sécurité nationale est devenu ces dernières années plus puissant que le secrétaire d’Etat, Hillary a exigé avoir un accès direct à Obama en cas de litige avec le maître de la sûreté nationale (qui vraisemblablement sera James Jones, un ancien militaire).  A Washington, moins de deux km séparent le secrétariat d'état de la Maison blanche.

 

Parlant de Bill, Obama avait pendant les primaires dit qu’il était temps de tourner la page de l'ère Clinton. En nommant Hillary, il la ramène dans son déménagement à la Maison blanche.

Ayant offert le poste à Hillary, il ne peut plus faire marche arrière à moins de créer une nouvelle rupture au sein du parti démocrate.

 

                                                                                             Benoit Sarrade

 

 

 

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Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /Nov /2008 20:15

Pendan t la campagne, devenir président pour Obama, c'était le moyen de changer le monde. A peine élu, il est vite retombé sur terre. C'est maintenant les petites contraintes de la vie de président qui le préoccupent. Devant les caméras de la chaîne CBS, il a raconté qu'en raison des mesures de sécurité inhérentes à son nouveau statut, il doit maintenant pour une simple coupe de cheveux, donner rendez-vous à son coiffeur dans des endroits secrets . Le 20 Janvier prochain, date à laquelle il deviendra officiellement président, il devra consentir pour les mêmes raisons à un sacrifice impensable pour lui. Abandonner...son blackberry.

Un blackberry, c'est un tél éphone portable qui a la spécificité de permettre à son propriétaire de recevoir et d'envoyer des e-mails en temps réel, c'est-à-dire n'importe où et n'importe quand, car il fonctionne sans connexion internet. 
 
Pour Obama, se passer de cette technologie ne sera pas une mince affaire. D'une part, il a été un de ses premiers utilisateurs. Et depuis, où qu'il aille, il a son blackberry à la
main ou attaché à la ceinture. Pendant la campagne, on l'a souvent aperçu envoyer des e-mails et répondre à des coups de fil via son blackberry. C'était son moyen de communiquer avec son staff. Mais aussi avec ses amis. Au soir de sa victoire, le 4 novembre dernier, il a envoyé plusieurs e-mails, dont un où il  demande à un ami "alors, qu'est-ce que tu dis de ça!"

Justement sa vicoire, il l'a doit un peu aux e-mails. Obama en a fait un outil central de son dispositif de communication. Chaque jour, ses supporters recevaient des e-mails de lui-même ou d'un membre de son staff. Ce qui lui permettait de maintenir un lien direct et permanent avec l’ensemble de ses sympathisants. On se souvient aussi, qu'il a averti en avant-première ses supporters par e-mail et par SMS du nom de son vice-président.

Avec son élection, au même titre que sa vie de candidat, son passé "d'accro-berry" est révolu. En effet, la loi américaine  (the Presidential Records Act) dispose
 que tout président en fonction doit faire passer toutes ses correspondances, y compris ses courriels, par un registre officiel. A cela s'ajoute, le manque de fiabilité de la sécurité des e-mails (Sarah Palin en sait quelque chose). 
 

Ses conseillers ont déjà fait savoir qu'a priori, Obama ne s'opposera pas à cette règle.

Pour quelqu'un qui incarne le changement, et qui a ridiculisé John McCain dans ses spots publicitaires pour ne pas savoir envoyer un e-mail alors que lui passait pour le seul "computer guy" du Sénat, c'est un comble.

 

Obama a néanmoins dit qu'il introduirait un ordinateur portable dans le bureau ovale. Du coup, il marquera l'histoire à nouveau. Mais dans un autre registre cette fois. Après être devenu le premier président Afro-américain des Etats-Unis, il deviendra le premier président à avoir...un ordinateur dans son bureau.  Il sera autorisé à y recevoir des e-mails mais pour y répondre, il devra prendre...le téléphone. A priori, l'opération fonctionne aussi avec le blackberry. Sauf que les communications via des téléphones portables sont moins sécurisées. Du coup, pour Obama, le seul moyen de conserver son blackberry, c'est d’imiter Marcel Duchamp. C’est-à-dire de convaincre les costauds de son service de sécurité que le blackberry est une chose sublime, un matériel noble, qui mérite bien son surnom de "téléphone intelligent" et qu'à ce titre, il a la qualité d’oeuvre d'art et a ainsi toute sa place dans son burlingue.

 

A l’inverse, dans 65 jours, l'actuel président, George W. Bush pourra à nouveau utiliser en toute liberté son adresse email privée, que je joins à ce blog, au cas où certains veulent le remercier pour ses bons et loyaux services G94B@aol.com

                                                                                  Benoit Sarrade

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